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Le succès des républicains, coup de semonce pour Barack Obama

Les électeurs américains ont adressé un sérieux avertissement au président Barack Obama, deux ans après son triomphe électoral de novembre 2008, le sommant de se mettre davantage à l'écoute de la population s'il veut avoir des chances de remporter un seco

Les électeurs américains ont adressé un sérieux avertissement au président Barack Obama, deux ans après son triomphe électoral de novembre 2008, le sommant de se mettre davantage à l'écoute de la population s'il veut avoir des chances de remporter un seco - -

par Caren Bohan WASHINGTON (Reuters) - Les électeurs américains ont adressé un sérieux avertissement au président Barack Obama, deux ans après son...

par Caren Bohan

WASHINGTON (Reuters) - Les électeurs américains ont adressé un sérieux avertissement au président Barack Obama, deux ans après son triomphe électoral de novembre 2008, le sommant de se mettre davantage à l'écoute de la population s'il veut avoir des chances de remporter un second mandat en 2012.

Sonné par la prise de contrôle de la Chambre des représentants par les républicains, lors des élections de mi-mandat mardi, Barack Obama va devoir convaincre les Américains qu'il comprend leur mécontentement et que le redressement économique est bel et bien sa priorité numéro un.

S'il n'y parvient pas, il pourrait échouer dans sa tentative d'obtenir un nouveau mandat. Il peut se consoler en se disant que deux ans après des défaites à mi-mandat, Ronald Reagan et Bill Clinton avaient réussi, eux, à se faire réélire haut la main. Mais la toile de fond économique n'est plus la même qu'alors et les électeurs sont préoccupés avant tout, aujourd'hui, par un taux de chômage de 9,6%.

Barack Obama et les démocrates se sont employés à convaincre la population que sans les mesures adoptées, comme le plan de relance de 814 milliards de dollars, la récession aurait été plus grave encore. Mais les républicains ont gagné la bataille de la communication en réussissant à braquer une bonne partie de l'opinion contre les réformes phares qu'a pu faire adopter Obama depuis son arrivée à la Maison blanche en janvier 2009.

Aujourd'hui, le président américain va devoir relever deux défis: faire en sorte que les républicains acceptent de coopérer avec lui à l'adoption de mesures de redressement économique, et trouver le moyen de renouer le contact avec la classe moyenne, au sein de laquelle beaucoup le jugent distant et trop cérébral.

"MEILLEUR LE DOS AU MUR"

Pour Fred Greestein, historien des présidents américains et professeur émérite à l'université de Princeton, Obama va devoir "consacrer davantage de temps à expliquer lui-même" ses choix politiques à l'opinion.

Lors de la conférence de presse qu'il a prévu de tenir ce mercredi, Barack Obama devrait mettre l'accent sur les questions d'emploi et d'économie, et son apparition permettra sans doute de comprendre comment il assimile son plus lourd revers depuis sa prestation de serment.

Même si Barack Obama ressent douloureusement sa défaite, il est peu vraisemblable qu'il le montre.

"Il a la réputation d'être au meilleur de sa forme lorsqu'il a le dos au mur", fait remarquer Bruce Buchanan, politologue à l'université du Texas. "Ne pas se laisser démonter dans les périodes difficiles est une ressource précieuse pour un dirigeant, même si cela ne plaît pas toujours aux foules", explique-t-il.

"Il ne montre pas autant ses émotions et ne se repent pas autant que ses détracteurs le souhaiteraient. Mais il semble qu'il soit tout à fait prêt à affronter la réalité de la situation et aussi à évaluer ses propres perspectives politiques", ajoute Bruce Buchanan.

Avant le scrutin de mardi, Barack Obama s'était immergé dans la campagne et s'était employé à ranimer la flamme qui lui avait valu la victoire en 2008, lorsqu'il électrisait les foules par son verbe et ses promesses de changement.

Son travail, lors de la campagne qui vient de s'achever, a été plus prosaïque: défendre sa politique en expliquant aux électeurs qu'elle symbolisait le changement, pour le mieux, et convaincre que les républicains seraient synonyme de recul pour le pays. Les résultats du scrutin laissent penser que beaucoup d'électeurs n'ont pas été convaincus par ses arguments.

LES DÉMOCRATES EN EMBUSCADE

Barack Obama et ses collaborateurs ont veillé ces dernières semaines à en dire le moins possible sur leur stratégie post-électorale. Dans les interviews, le président a cependant laissé comprendre qu'il convierait les républicains à collaborer avec lui. S'ils refusent de coopérer avec lui, la Maison blanche mise sur le fait qu'ils en paieront le prix en 2012.

"Je pense qu'il sera important que les républicains comprennent que les Américains n'attendent pas d'eux qu'ils se contentent d'observer les choses; ils vont devoir se retrousser les manches et se mettre au travail", a dit Barack Obama dans une interview publiée en octobre par la revue National Journal.

Après les élections de mardi, il n'a d'ailleurs pas attendu longtemps pour téléphoner à John Boehner, pressenti pour présider la nouvelle Chambre des représentants à majorité républicaine.

Il lui a dit être impatient de trouver un terrain d'entente avec les républicains pour "faire avancer le pays et faire des choses pour le bien des Américains". Appelant également le chef des républicains au Sénat, Mitch McConnell, il lui a transmis le même message.

Eric Faye pour le service français, édité par Gilles Trequesser