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Le sort de Traian Basescu entre les mains des électeurs roumains

Les Roumains sont appelés aux urnes ce dimanche pour un référendum qui doit décider de la destitution du président Traian Basescu, suspendu de ses fonctions il y a trois semaines par la majorité parlementaire du Premier ministre, Victor Ponta. /Photo pris

Les Roumains sont appelés aux urnes ce dimanche pour un référendum qui doit décider de la destitution du président Traian Basescu, suspendu de ses fonctions il y a trois semaines par la majorité parlementaire du Premier ministre, Victor Ponta. /Photo pris - -

par Luiza Ilie BUCAREST (Reuters) - Les Roumains sont appelés aux urnes ce dimanche pour un référendum qui doit décider de la destitution du...

par Luiza Ilie

BUCAREST (Reuters) - Les Roumains sont appelés aux urnes ce dimanche pour un référendum qui doit décider de la destitution du président Traian Basescu, suspendu de ses fonctions il y a trois semaines par la majorité parlementaire du Premier ministre, Victor Ponta.

La consultation peut clore une crise politique qui inquiète les partenaires européens de Bucarest, Commission européenne en tête, et a différé l'accord en vue d'une aide financière de 5 milliards d'euros en négociation avec le Fonds monétaire international (FMI).

Traian Basescu, qui appelle ses partisans à boycotter la consultation, dit avoir des "raisons concrètes" de croire que l'Union sociale libérale (USL, centre gauche) du Premier ministre essaiera de truquer les résultats.

Le référendum ne sera valide que si la moitié au moins des 18,3 millions d'inscrits se déplacent dans les bureaux de vote.

A 10h00 (07h00 GMT), cette participation s'élevait à 9,1%.

Les quelque 18.000 bureaux de vote sont ouverts de 07h00 à 23h00 (de 04h00 à 20h00 GMT), une plage de vote plus longue que lors des précédentes élections, le gouvernement Ponta voulant favoriser une participation la plus élevée possible.

D'après les sondages, une nette majorité (jusqu'à 65%) devrait se prononcer en faveur de la destitution de Basescu, très impopulaire pour avoir soutenu des mesures d'austérité et accusé de népotisme et de favoritisme.

La véritable interrogation porte sur le seuil minimal de participation requis, qui ne sera pas forcément atteint en ce dimanche de vacances.

Au pouvoir depuis 2005, Traian Basescu a déjà dû en passer par un tel référendum, en 2007, qu'il avait aisément emporté. Réélu de justesse en 2009, il ne pourra briguer un troisième mandat.

LES HEURES D'OUVERTURE DES BUREAUX DE VOTE ALLONGÉES

Le Parlement, dominé par l'USL de Ponta, l'a suspendu de ses fonctions le 30 juillet, transférant ses pouvoirs à un président intérimaire, le président du Sénat Crin Antonescu. Ce dernier a souligné dimanche en votant la nécessité d'assurer une participation suffisante afin de valider le scrutin.

Les Roumains doivent répondre à une question simple: "Etes-vous d'accord avec la destitution du président Traian Basescu?"

Si le "oui" l'emporte et qu'un nombre suffisant d'électeurs se rendent aux urnes, la suspension du chef de l'Etat deviendra définitive et une nouvelle élection présidentielle, à laquelle Basescu ne pourra participer, devra être tenue dans un délai de 90 jours.

Il appartiendra à la Cour constitutionnelle de se prononcer sur la validité du référendum, peut-être dès lundi.

Vendredi, au dernier jour de campagne, le président roumain a appelé au boycott du référendum.

"Je demande aux Roumains de ne pas participer à ce référendum, derrière lequel plusieurs politiciens irresponsables tentent de masquer un coup d'Etat", a-t-il déclaré.

Il a évoqué entre autres l'allongement des horaires d'ouverture des bureaux de vote, des listes électorales peu claires qui rendent les votes multiples plus faciles, et la décision du gouvernement d'installer des bureaux de vote supplémentaires dans des restaurants, des bars et des hôtels.

Les Libéraux démocrates (conservateurs), principal parti d'opposition, ont également demandé à leurs électeurs de s'abstenir.

"Je ne suis pas un fan de Basescu mais je n'irai pas voter parce que je désapprouve l'attitude du gouvernement et les libertés qu'il prend avec les institutions", a déclaré Dan Popescu, un retraité de 52 ans à Bucarest.

De nombreux Roumains sont actuellement en vacances et la température devrait atteindre 39°C dans l'après-midi, ce qui ne devrait pas inciter à une forte participation.

Avec Sam Cage; Baptiste Bouthier, Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français