BFMTV

Le Premier ministre éthiopien Zenawi ne doute pas de sa victoire

Le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi à la sortie de l'isoloir dans un bureau de vote à Adwa, au Tigré, dans le nord de l'Ethiopie. En vertu des succès engrangés par son parti sur le plan économique, l'ancien dirigeant rebelle s'attendait à une victo

Le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi à la sortie de l'isoloir dans un bureau de vote à Adwa, au Tigré, dans le nord de l'Ethiopie. En vertu des succès engrangés par son parti sur le plan économique, l'ancien dirigeant rebelle s'attendait à une victo - -

par Barry Malone ADOUA, Ethiopie - En vertu des succès engrangés par son parti sur le plan économique, le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi...

par Barry Malone et David Clarke

ADOUA, Ethiopie (Reuters) - En vertu des succès engrangés par son parti sur le plan économique, le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi s'attendait à une victoire confortable aux élections législatives organisées dimanche.

Le chef de l'équipe d'observateurs de l'Union européenne a déclaré que les électeurs s'étaient rendus nombreux aux urnes. S'il faut encore évaluer certaines allégations d'irrégularités, le scrutin législatif s'est déroulé "paisiblement et dans le calme", a-t-il dit.

Gizachew Shiferaw, un dirigeant du Medrek, principal parti d'opposition, a été vivement critiqué dimanche par les autorités électorales pour avoir déclaré à la télévision publique que le scrutin n'avait pas été démocratique.

Après avoir voté au Tigré, dans le nord de l'Ethiopie, l'ancien dirigeant rebelle a rejeté les griefs de l'opposition, qui a dénoncé des manoeuvres d'intimidation, et assuré à Reuters que les électeurs votaient librement une fois dans l'isoloir.

"Imaginez un gouvernement qui obtient des taux de croissance à deux chiffres depuis plus de sept ans et qui perdrait où que ce soit sur terre. Pareil phénomène ne se produit jamais", a déclaré Meles, arborant casquette de base-ball et veste de cuir.

"Nous avons construit des milliers d'écoles, de cliniques, de routes de campagne. Ce qui a transformé la vie de la majorité de la population", a-t-il dit à Reuters. "Dans les zones urbaines, nous avons mis l'accent sur les infrastructures, les télécommunications, l'électricité.

"Je crois qu'il y a maintenant de l'espoir dans l'air."

En 2005, une alliance d'opposition avait contesté la victoire du Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (FDRPE) de Meles et des émeutes avaient éclaté dans la capitale, Addis-Abeba. Les forces de sécurité avaient tué 193 manifestants et sept policiers avaient aussi trouvé la mort.

L'opposition reconnaît avoir peu de chances de l'emporter cette fois mais en attribue la raison à l'emprise du FDRPE sur le pays et à la répression de ses adversaires.

Le principal observateur de l'Union européenne, Thijs Berman, a dit qu'une tournée des bureaux de vote de la capitale lui avait fait une impression "très positive".

CONTESTATION CHEZ LES OROMOS

"Je n'ai rien vu qui puisse inspirer de l'inquiétude. C'est un dimanche très paisible. Les gens votent, ce qui est le plus important dans une démocratie", a-t-il déclaré aux journalistes.

En revanche, en Oromie, bastion de l'opposition qui abrite le premier groupe ethnique d'Ethiopie (les Oromos), un chef de parti a jugé impossible de juger le scrutin équitable.

"Tout cela est contrôlé par l'administration régionale (...), comme vous le voyez, il y a de nombreux policiers dans ce tout petit village", a déclaré à Reuters Merera Gudina, leader du Congrès du peuple oromo (OPC) dans le village de Kolba Lincha.

"Par conséquent, ces élections ne sont vraiment, en vertu de n'importe quels critères, même selon des critères africains, ni libres ni équitables", a ajouté Gudina.

Les analystes jugent l'Oromie cruciale pour l'avenir du deuxième pays le plus peuplé de l'Afrique subsaharienne, dans lequel Washington voit son meilleur allié régional et qui attire de plus en plus d'investissements extérieurs.

L'OPC est l'un des huit partis de l'alliance d'opposition du Medrek (Forum), surtout unis par la volonté d'évincer Meles et le FDRPE. Le Medrek aligne 421 candidats au parlement fédéral, qui compte 547 sièges, tandis que le FDRPE en présente 521.

Meles est arrivé au pouvoir en 1991, lorsque son mouvement rebelle a mis fin à une dictature communiste qui avait causé la mort de centaines de milliers d'Ethiopiens en dix-sept ans.

Si les dernières décennies ont connu un retour à la stabilité et un net essor économique, des diplomates occidentaux en poste à Addis-Abeba attendent de voir progresser la démocratie en Ethiopie, pays considéré comme un allié clé face à l'islam radical qui s'enracine dans la Somalie voisine.

Meles, qui a représenté l'Afrique lors d'importantes réunions internationales, avait été porté aux nues par les Occidentaux en 1991. L'ex-président américain Bill Clinton l'avait jugé représentatif d'une "nouvelle génération" de dirigeants appelée à démocratiser le continent africain.

Meles est cependant de plus en critiqué par des militants des droits de l'homme qui voient se développer chez lui des méthodes autocratiques.

Des cas de violence ont été signalés en Oromie et au Tigré, mais le plus grand calme régnait dimanche dans la capitale. A l'université d'Addis-Abeba, des centaines d'étudiants votaient dans des salles de conférence. "Le processus est très équitable et démocratique. J'accepterai les résultats", déclarait Hirpa Kumela, étudiant en psychologie.

Avec Njuwa Maina à Addis-Abeba et Anna Little à Kolba Lincha; Philippe Bas-Rabérin et Nicole Dupont pour le service français