BFMTV

Le Premier ministre belge présente sa démission au roi

Le Premier ministre belge, Yves Leterme, a présenté la démission de son gouvernement au roi Albert II, qui doit encore décider s'il l'accepte ou pas. /Photo prise le 22 avril 2010/REUTERS/François Lenoir

Le Premier ministre belge, Yves Leterme, a présenté la démission de son gouvernement au roi Albert II, qui doit encore décider s'il l'accepte ou pas. /Photo prise le 22 avril 2010/REUTERS/François Lenoir - -

BRUXELLES - Le Premier ministre belge, Yves Leterme, a présenté la démission de son gouvernement au roi Albert II, qui doit encore décider s'il...

par Antonia van de Velde

BRUXELLES (Reuters) - La coalition gouvernementale du Premier ministre belge Yves Leterme, au pouvoir depuis cinq mois, s'est effondrée jeudi après le départ des libéraux flamands du parti Open VLD.

Yves Leterme a présenté en début d'après-midi la démission de son gouvernement au roi Albert II. Ce dernier a réservé sa réponse, mettant en garde contre les conséquences d'une crise politique alors que la Belgique doit prendre le 1er juillet la présidence tournante de l'Union européenne.

"Le roi et le Premier ministre ont souligné combien, dans les circonstances actuelles, une crise politique serait inopportune et porterait un grave préjudice d'une part au bien-être économique et social des citoyens et d'autre part au rôle de la Belgique sur le plan européen", a déclaré le palais royal dans un communiqué.

Le monarque a ensuite consulté les présidents de la Chambre et du Sénat et devait donner audience aux dirigeants des principaux partis politiques.

Les débats ont été suspendus à la Chambre, qui aurait dû voter sur le projet de loi portant interdiction de la burqa.

Si le roi acceptait la démission du gouvernement, cela entraînerait la dissolution de la chambre des députés et la convocation d'élections législatives anticipées.

Avec le départ de l'Open VLD, Yves Leterme, qui était à la tête d'une alliance formée de cinq partis, ne dispose plus que d'une majorité de 76 députés sur 150 élus à la Chambre des représentants, un nombre insuffisant pour gouverner de manière confortable.

Pour expliquer leur décision, les libéraux flamands ont dit ne plus avoir confiance dans le gouvernement Leterme pour gérer l'épineux dossier des communautés électorales de la périphérie de Bruxelles.

DIFFÉREND SUR BHV

Un différend oppose les partis politiques francophones et néerlandophones à propos du statut de l'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV), dont les Flamands souhaitent la scission.

Les libéraux flamands avaient fait savoir mercredi qu'ils se retireraient de la coalition gouvernementale si aucun accord n'était trouvé avant jeudi.

"Nous ne sommes pas parvenus à une solution négociée et l'Open VLD n'a désormais plus confiance dans le gouvernement", a dit Alexander De Croo, président des libéraux flamands.

Cette nouvelle crise politique intervient dans un contexte économique difficile pour la Belgique. Le gouvernement table sur un déficit de 4,8% du produit intérieur brut en 2010 alors que la dette du pays devrait dépasser le seuil de 100% du PIB.

"Jusqu'à présent, on peut dire que la Belgique ne figurait pas sur l'écran de radar des marchés financiers mais la crise politique pourrait la ramener sur l'écran des spéculateurs", a déclaré Etienne Callatay, économiste à la Banque Degroof de Bruxelles.

Yves Leterme avait déjà occupé les fonctions de Premier ministre pendant neuf mois en 2008. La Belgique avait alors connu une période d'instabilité politique avec des crises gouvernementales à répétition.

Après avoir présenté une première fois sa démission en juillet 2008, refusée par Albert II, Yves Leterme avait définitivement jeté l'éponge à la fin de l'année en raison de sa gestion contestée du sauvetage de la banque Fortis.

Il était revenu à la tête du gouvernement en novembre pour remplacer Herman Van Rompuy, devenu président du Conseil européen.

Dès le début de son second mandat, des analystes avaient exprimé des inquiétudes quant à l'instabilité de son gouvernement. La Belgique, siège des institutions européennes et de l'Otan, ne peut se payer cette fois le luxe d'une crise politique à deux mois de sa présidence de l'Union européenne.

Clément Dossin pour le service français, édité par Gilles Trequesser