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Le Pakistan critiqué pour sa gestion des inondations

A Nowshera, dans le nord-ouest du Pakistan. Karachi est critiqué pour sa gestion des inondations qui ont tué plus de 1.000 personnes. /Photo prise le 2 août 2010/REUTERS/Faisal Mahmood

A Nowshera, dans le nord-ouest du Pakistan. Karachi est critiqué pour sa gestion des inondations qui ont tué plus de 1.000 personnes. /Photo prise le 2 août 2010/REUTERS/Faisal Mahmood - -

par Michael Georgy, ISLAMABAD (Reuters) - Les autorités pakistanaises s'efforçaient lundi de venir en aide aux victimes des pires inondations de...

par Michael Georgy,

ISLAMABAD (Reuters) - Les autorités pakistanaises s'efforçaient lundi de venir en aide aux victimes des pires inondations de l'histoire du pays qui ont tué plus de 1.000 personnes et dont la gestion est fortement critiquée.

Les inondations, qui ont dévasté le nord-ouest du pays, font figure de test pour un gouvernement largement dépendant de l'aide internationale et dont la gestion des crises, que ce soit la lutte contre les taliban ou les coupures fréquentes de courant, n'a jamais vraiment convaincu.

"Nous avons tout perdu. Nous avons seulement réussi à sauver nos vies. Personne n'est venu nous voir. Nous sommes devenus des mendiants, nous demandons aux gens un bout de pain", raconte Mihrajuddin Khan, un instituteur de la vallée de Swat.

Les sauveteurs peinent à venir en aide aux dizaines de milliers de personnes prises au piège dans des zones inondées où ponts et routes ont été détruits.

Les autorités s'attendent à ce que le bilan s'alourdisse alors que de nouvelles pluies de mousson doivent s'abattre sur le nord-est du pays cette semaine.

"Notre principal défi reste l'accès aux zones", a indiqué Nicki Bennett, Haut responsable de la coordination des affaires humanitaires pour les Nations unies. "Les routes et les ponts qui ont été emportés par les eaux rendent impossible l'accès à certains zones, sauf en hélicoptère."

Selon l'Autorité nationale de gestion des catastrophes, plus de 29.500 maisons ont été endommagées et une autoroute reliant le pays à la Chine a été fermée à plusieurs endroits.

Les autorités estiment qu'il est trop tôt pour avoir une estimation de l'impact des inondations sur l'économie. Les pluies ont jusqu'à présent épargné la province du Penjdab, grenier agricole du Pakistan.

Des tentes et des kits d'hygiène ont été distribués et des hélicoptères et des bateaux ont été déployés. Mais les analystes estiment que le gouvernent manque de ressources pour gérer une catastrophe de cette ampleur.

PRISE EN CHARGE DE L ARMÉE

Plus de 30.000 soldats pakistanais ont secouru 19.000 personnes des zones inondées mais les autorités reconnaissent que certaines personnes attendent toujours de l'aide dans les régions reculées du Kohistan, de Nowshera, de Dir et la vallée de Swat.

L'échec du gouvernement à venir en aide aux rescapés renforce l'image d'autorités civiles inefficaces, promptes à laisser l'armée gérer la situation.

"Quand vous avez un gouvernement démocratiquement élu, vous vous attendez à ce que le gouvernement mobilise l'ensemble de ses ressources et vienne en aide au peuple", a indiqué Riffat Hussein, président du département des études stratégiques et de défense à l'université Quaid-e-Azam.

"Ce que nous avons vu, c'est une quasi-totale paralysie et une incapacité à mobiliser les ressources."

Des Pakistanais se sont plaints de ne pas avoir été prévenus à l'avance des crues soudaines. Selon les analystes, une partie du problème réside en l'absence de stratégie à long terme du gouvernement pour traiter de telles catastrophes.

Avec Adrees Latif et Kamran Haider à Islamabad, Sahar Ahmed à Karachi, Junaid Khan à Mingora et Faris Khan à Peshawar; Marine Pennetier pour le service français