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Le ministre portugais des Affaires étrangères démissionne

Le ministre portugais des Affaires étrangères, Paulo Portas, a démissionné mardi, au lendemain du départ inattendu du ministre des Finances Vitor Gaspar, ce qui fragilise le gouvernement conservateur mené par le Premier ministre Pedro Passos Coelho. /Phot

Le ministre portugais des Affaires étrangères, Paulo Portas, a démissionné mardi, au lendemain du départ inattendu du ministre des Finances Vitor Gaspar, ce qui fragilise le gouvernement conservateur mené par le Premier ministre Pedro Passos Coelho. /Phot - -

LISBONNE (Reuters) - Le ministre portugais des Affaires étrangères, Paulo Portas, a démissionné mardi, au lendemain du départ inattendu du ministre...

LISBONNE (Reuters) - Le ministre portugais des Affaires étrangères, Paulo Portas, a démissionné mardi, au lendemain du départ inattendu du ministre des Finances Vitor Gaspar, ce qui fragilise le gouvernement conservateur mené par le Premier ministre Pedro Passos Coelho.

Paulo Portas préside par ailleurs le Parti populaire (CDS-PP), la plus petite et la plus à droite des deux formations qui composent le gouvernement. Privé de son soutien, Pedro Passos Coelho ne pourrait compter que sur son Parti social-démocrate (PSD, centre droit) et perdrait sa majorité au parlement.

Le Premier ministre doit s'adresser au pays à 19h00 GMT.

L'agence de presse Lusa a cité une lettre de Paulo Portas dans laquelle le ministre démissionnaire s'oppose au remplacement aux Finances de Vitor Gaspar par Maria Luis Albuquerque, la secrétaire au Trésor.

"En conséquence, et étant donné l'importance décisive du ministère des Finances, ce serait un simulacre de rester au gouvernement", écrit-il. "Le Premier ministre choisit d'assurer la continuité au ministère des Finances. Je respecte son choix mais je ne suis pas d'accord avec lui."

Paulo Portas s'est fréquemment démarqué de la volonté affichée par Pedro Passos Coelho et Vitor Gaspar de respecter à la lettre les termes du plan d'aide de 78 milliards d'euros, accordé par l'Union européenne (UE) et le Fonds monétaire international (FMI) à Lisbonne en échange d'importantes réformes budgétaires.

Vitor Gaspar a lui-même cité le manque de soutien des Portugais à ces réformes pour expliquer sa démission, annoncée lundi. (Voir )

"On dirait que c'est la fin de partie pour le gouvernement", estime Antonio Costa Pinto, politologue à l'université de Lisbonne. "Le gouvernement peut toujours se maintenir en étant minoritaire et avec le soutien conditionnel du CDS-PP mais l'opposition demandera de nouvelles élections et le président sera dans une situation difficile."

L'économie portugaise est entrée dans sa troisième année de récession et le taux de chômage a dépassé 17% au premier trimestre, un niveau sans précédent.

Axel Bugge et Andrei Khalip; Pascal Liétout et Julien Dury pour le service français