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Le dernier survivant connu du camp nazi de Sobibor est mort à 96 ans

Bougies devant le mémorial du camp d'extermination de Sobibor, en Pologne

Bougies devant le mémorial du camp d'extermination de Sobibor, en Pologne - Janek Skarzynski - AFP

Semion Rosenfeld avait réussi à s'échapper de Sobibor pendant une célèbre révolte. Seule une cinquantaine de détenus de ce camp ont survécu après la guerre. Plus de 250.000 juifs y ont été exterminés.

Semion Rosenfeld, dernier survivant connu du camp d'extermination nazi de Sobibor, est mort ce lundi à l'âge de 96 ans en Israël, a annoncé le président de l'Agence juive, Isaac Herzog. 

"Nous déplorons la disparition de Semion Rosenfeld, participant de la révolte de Sobibor, qui, dans l'horreur de la Shoah, est devenu un héros malgré lui", a indiqué Isaac Herzog dans un communiqué.

Né en Ukraine, ce soldat juif de l'Armée rouge avait été fait prisonnier par les Allemands. Il avait passé deux ans dans un camp à Minsk puis avait été envoyé à Sobibor vingt jours avant la révolte.

Le 14 octobre 1943, une révolte éclate à Sobibor, la plus importante et la plus célèbre révolte dans l'histoire des camps de concentration nazis. 300 prisonniers, dont Semion Rosenfeld, alors âgé de 21 ans, avaient réussi à prendre la fuite en faisant une brèche dans les barbelés. Près de 170 révoltés avaient été capturés par les nazis et fusillés. Semion Rosenfeld était, lui, retourné se battre avec l'Armée rouge.

"Je voulais survivre"

Seule une cinquantaine de détenus du camp ont survécu après la guerre, selon Yad Vashem, le mémorial de la Shoah à Jérusalem. Les nazis ont ensuite démoli Sobibor pour effacer toute trace de ce camp. "Plus de 250.000 juifs ont été exterminés dans ce camp", rappelle le porte-parole du ministère des Affaires étrangères israéliennes dans un tweet.

Il s'agit essentiellement de déportés de l'Est de la Pologne mais aussi des Pays-Bas, de la République tchèque et de la Slovaquie.

Dans un entretien diffusé par la chaîne publique israélienne Kan en mars, Semion Rosenfeld avait affirmé que "le destin avait décidé qu'il serait un héros (...) Je n'avais pas peur, je n'avais pas le temps d'y penser, je voulais survivre", avait-il indiqué.

Toute sa famille a été assassinée par les nazis, disait-il. Après la guerre, il était resté vivre en Ukraine et avait immigré en Israël en 1990. Semion Rosenfeld a ensuite vécu dans une maison de retraite appartenant à l'Agence juive.

"Que sa mémoire soit bénie"

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a présenté ses condoléances à la famille du défunt, selon la chaîne Kan. "Rosenfeld avait combattu dans l'Armée rouge, avait été fait prisonnier par les nazis, il a réussi à s'enfuir du camp de la mort et a continué à lutter contre le nazisme. Que sa mémoire soit bénie", a-t-il dit.

Six millions de juifs ont été exterminés par l'Allemagne nazie. "Les derniers témoins disparaissant, la responsabilité de raconter leurs actes héroïques nous incombe", a dit dans un communiqué le président de Yad Vashem, Avner Shalev.

Salomé Vincendon avec AFP