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Le complotiste français Rémy Daillet et sa famille expulsés de Malaisie

Soupçonné d'avoir contribué à l'enlèvement de Mia en avril, Rémy Daillet avait été arrêté en mai après l'expiration de son visa touristique.

Rémy Daillet, figure d'un mouvement complotiste et soupçonné d'avoir contribué à l'enlèvement de la petite Mia en France mi-avril, ainsi que sa famille, ont été expulsés de Malaisie dimanche matin, ont indiqué plusieurs sources concordantes à l'AFP.

"Je confirme qu'ils ont déjà été déportés par les services de l'immigration", a indiqué une source judiciaire tandis qu'une autre source a précisé que Rémy Daillet, sa compagne et trois enfants avaient été remis aux autorités françaises.

Rémy Daillet, sa compagne Léonie Bardet, enceinte, et ses trois enfants de 17, 9 et 2 ans, avaient été arrêtés pour situation irrégulière fin mai sur l'île touristique de Langkawi où ils résidaient. "Ils ont pris un vol commercial vers l'aéroport de Changi à Singapour avec une escorte de sécurité renforcée", a indiqué une source à l'AFP. Plus précisément et selon nos informations, l'opération a été placée sous la surveillance de personnels du consulat de France en Malaisie, et d’agents de police et d’immigration malaisienne.

Deux possibilités pour le juge

Ils doivent ensuite prendre un vol pour Paris, toujours accompagnés de policiers malaisiens, où ils sont attendus lundi matin. Le Français et sa famille ont été "remis aux autorités françaises à l'aéroport de Kuala Lumpur", a expliqué cette source, précisant qu'ils apparaissaient tous en "bonne santé". Ils ont d'ailleurs été soumis à un test PCR. A l'arrivée à l'aéroport en France, le mandat d'arrêt du juge d'instruction de la Juridiction inter-régionale spécialisée de Nancy sera notifié.

Le juge aura alors deux possibilités: soit le faire présenter immédiatement à Nancy en vue de sa mise en examen, soit le faire présenter devant le juge des libertés et de la détention  local, à Bobigny, pour une incarcération provisoire. Rémy Daillet devra être présenté dans un délai de quatre jours. Rémy Daillet avait entamé une grève de la faim pour protester contre son arrestation tandis que sa compagne enceinte craignait des complications si elle prenait l'avion, selon leur avocat français. Rémy Daillet et sa famille n'ont pas été arrêtés dans le cadre de l'affaire de l'enlèvement de la petite Mia mais parce que leurs visas ont expiré.

Jean-Christophe Basson-Larbi, avocat de Rémy Daillet, était ce dimanche matin invité de BFMTV. Il a confirmé que Rémy Daillet et sa famille se trouvaient actuellement sur le territoire de Singapour, mais surtout, il a annoncé qu'il faisait tout son possible pour éviter leur expulsion vers la France:

"Selon la volonté de la France et avec la complicité de la Malaisie, ils sont censés arriver à Roissy demain matin. Mais nous sommes en train d'alerter le gouvernement de Singapour pour tenter d'éviter cette destination finale".

L'avocat a dénoncé ensuite une "manoeuvre" des services français et de l'ambassade de France en Malaisie pour que les visas de Rémy Daillet et sa famille ne soient pas étendus, et a démontré son avis tranché sur les conditions de détention de ces derniers:

"Ce que je sais c'est qu'à la seule volonté de la France on l'a mis en cage, dans des cachots, ce qui est indigne des droits de l'Homme. Et on a mis à l'isolement ensuite une femme dans le cadre d'une grossesse à risque, un bébé qui a fêté ses deux ans derrière les barreaux, un garçon de neuf ans, une jeune-fille de dix-sept ans, pour des raisons politiques. La France est déshonorée dans cette affaire-là, et n'est plus le pays des droits de l'Homme."

Un "rôle important" dans l'enlèvement de Mia

Mia, 8 ans, avait été enlevée mi-avril à la demande de sa mère par plusieurs hommes alors qu'elle était hébergée chez sa grand-mère dans un village des Vosges (est de la France). Selon le procureur de Nancy (Est), Rémy Daillet aurait joué un rôle important dans l'organisation de l'enlèvement de l'enfant.

Dans une vidéo mise en ligne après l'enlèvement de la fillette, Rémy Daillet avait tenté de se défendre. Sans évoquer nommément Mia, il réfutait le terme d'enlèvement. Dans d'autres vidéos plus anciennes il défendait l'idée d'un coup d'État populaire et se disait opposé aux impôts, aux vaccins, aux masques ou à la 5G.

Dans le cadre de l'affaire Mia, six hommes et la mère de la fillette, proches de la mouvance anti-système et complotistes, ont été mis en examen et placés en détention provisoire.

Le service police-justice de BFMTV avec L.A. et AFP