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Le choc frontal semble inévitable à Bangkok

Dans une rue de Bangkok, lundi. Un assaut de l'armée thaïlandaise contre les manifestants antigouvernementaux semble inéluctable dans la capitale, chaque camp restant sur ses positions après quatre jours d'affrontements ayant fait 37 morts et des centaine

Dans une rue de Bangkok, lundi. Un assaut de l'armée thaïlandaise contre les manifestants antigouvernementaux semble inéluctable dans la capitale, chaque camp restant sur ses positions après quatre jours d'affrontements ayant fait 37 morts et des centaine - -

par Ambika Ahuja et Bill Tarant BANGKOK - Un assaut de l'armée thaïlandaise contre les manifestants antigouvernementaux semble inéluctable à...

par Ambika Ahuja et Bill Tarant

BANGKOK (Reuters) - Un assaut de l'armée thaïlandaise contre les manifestants antigouvernementaux semble inéluctable à Bangkok, chaque camp restant sur ses positions après quatre jours d'affrontements ayant fait 37 morts et des centaines de blessés.

Le gouvernement se dit prêt à ouvrir le dialogue avec les opposants si ces derniers renoncent à la violence, tandis que les "chemises rouges" font du retrait des forces armées de la capitale et de la nomination d'un médiateur un préalable au début des discussions.

L'ultimatum fixé par le gouvernement aux opposants pour quitter leur camp retranché devait expirer à 15h00 locales (08h00 GMT). Des hélicoptères de l'armée ont lâché des tracts au-dessus du camp retranché invitant ses occupants, dont des femmes et des enfants, à quitter immédiatement les lieux.

"On ne voit pas comment les troubles peuvent prendre fin. La situation ne cesse de se dégrader. Les protestataires sont dispersés dans de nombreux endroits différents et le gouvernement refuse de faire machine arrière", a commenté Kavee Chukitkasem, analyste chez Kasikorn Securities.

Deux informations sont venues lundi attiser la tension, déjà extrême, entre les deux camps.

Un soldat thaïlandais a été tué lundi matin dans le quartier d'affaires de Silom Road. Il s'agit du premier décès au sein de l'armée depuis le début des derniers affrontements.

Le général renégat Khattiya Sawasdipol, blessé d'une balle en pleine tête jeudi à Bangkok, a par ailleurs succombé à ses blessures.

Surnommé le "commandant rouge", Khattiya Sawasdipol, plus connu sous le nom de Seh Daeng, était le conseiller militaire des "chemises rouges".

Il a été atteint d'une balle à la tête jeudi soir alors qu'il discutait avec des journalistes. S'en est suivie une nouvelle explosion de violence qui a fait au moins 37 morts et 200 blessés depuis quatre jours.

LA NUIT AU SOUS-SOL

"Le gouvernement est prêt à des négociations quand la situation sera apaisée, lorsque les manifestations, la violence et les attaques contre les autorités prendront fin", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Panitan Wattanayagorn, lors d'une allocution télévisée.

Les manifestants anti-gouvernementaux qui occupent une partie de la capitale thaïlandaise Bangkok depuis plus de deux mois ont appelé dimanche à l'organisation de pourparlers sous l'égide de l'Onu afin de mettre un terme aux affrontements.

Au total, au moins 66 personnes ont été tuées et plus de 1.600 blessées depuis le début de la révolte des "chemises rouges" à la mi-mars.

Un photographe de Reuters a rapporté que de violents combats se sont déroulés dans le luxueux Dusit Thani Hotel du quartier de Silom, non loin du camp retranché des "chemises rouges".

"Tout le monde a été évacué de sa chambre et a passé la nuit au sous-sol", a déclaré le photographe, précisant que de nombreux tirs avaient été entendus. Les clients de l'hôtel ont été évacués dans la matinée.

Les autorités ont décrété lundi et mardi jours fériés dans l'espoir d'apaiser la situation. Mais les banques et les marchés financiers sont restés ouverts.

Les "chemises rouges", partisans de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, renversé par un coup d'Etat en 2006, réclament le départ de son successeur, Abhisit Vejjajiva, et la tenue d'élections anticipées.

Des milliers de personnes sont retranchées dans le quartier commerçant de la capitale thaïlandaise, Rajprasong, dans un camp de trois kilomètres carrés entouré de barricades faites de pneus, de bambous et de fils barbelés.

Analystes et diplomates estiment que l'armée a peut-être sous-estimé la volonté des manifestants, qui occupent ce quartier depuis six semaines, bien que la stratégie d'isolement mise en oeuvre par le gouvernement semble produire son effet avec le début des pénuries de nourriture, d'eau et de carburant.

Le gouvernement a déclaré dimanche l'état d'urgence dans cinq régions supplémentaires du nord et du nord-est du pays, bastion de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, où les combats s'étendent. Les décrets d'urgence concernent désormais un quart du pays.

Avec Jason Szep, Ambika Ahuja, Ploy Ten Kate, Panarat Thepgumpanat et Martin Petty, Grégory Blachier, Clément Dossin et Pascal Liétout pour le service français