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Lapidation à Brunei: un code pénal "cruel et inhumain" dénonce l'ONU

Photo de la mosquée Omar Ali Saifuddin à Bandar Seri Begawan, capitale du Brunei, prise le 4 octobre 2017.

Photo de la mosquée Omar Ali Saifuddin à Bandar Seri Begawan, capitale du Brunei, prise le 4 octobre 2017. - Roslan Rahman - AFP

Cette législation introduirait, entre autres, la peine de mort pour l'adultère, la flagellation publique pour l'avortement, l'amputation pour le vol et criminalise l'homosexualité.

Des "peines cruelles et inhumaines", a dénoncé l'ONU lundi. Le Brunei, riche petit État pétrolier d'Asie du Sud-Est s'apprête, entre autres, à instaurer selon l'ONU, la peine de mort pour de multiples infractions, telles que: le viol, l'adultère, les relations sexuelles extraconjugales pour les musulmans, l'insulte ou la diffamation du prophète Mahomet. 

La révision de la loi, qui doit entrer en vigueur le 3 avril, "consacrerait dans la législation des peines cruelles et inhumaines qui violent gravement le droit international relatif aux droits humains - dont la mort par lapidation", déclare l'ONU dans un communiqué.

Cette législation introduit également la flagellation publique comme punition pour l'avortement, l'amputation pour le vol et criminalise le fait d'exposer les enfants musulmans aux croyances et pratiques de toute religion autre que l'islam. L'homosexualité, déjà illégale, sera désormais considérée comme un crime. La peine de mort est déjà inscrite dans la législation du Brunei, mais la dernière exécution a eu lieu en 1957, selon l'ONU.

"Un sérieux recul pour la protection des droits humains"

"J'en appelle au gouvernement pour qu'il mette fin à l'entrée en vigueur de ce nouveau code pénal draconien qui, s'il était appliqué, marquerait un sérieux recul pour la protection des droits humains" au Brunei, déclare la Haut-Commissaire aux droits de l'Homme, Michelle Bachelet, dans le communiqué.

L'acteur américain George Clooney avait appelé au boycott d'hôtels de luxe liés à ce pays en fin de semaine dernière, afin de protester contre ces lois. Le pays s'est défendu en expliquant que ces législations islamiques ne s'appliqueraient qu'aux musulmans du pays, le Brunei ayant un double système judiciaire: l'un islamique, l'autre civil.

"En réalité, aucun pouvoir judiciaire dans le monde ne peut prétendre être exempt d'erreurs, et les faits montrent que la peine de mort est appliquée de manière disproportionnée à des personnes qui sont déjà vulnérables, avec un risque élevé d'erreurs judiciaires", a relevé la Haut-Commissaire dans le communiqué de l'ONU.

Cette petite monarchie de 430.000 habitants est dirigée d'une main de fer par le sultan Hassanal Bolkiah depuis 1967. Elle a annoncé en 2013 l'introduction progressive de la charia, mais la mise en application de ces mesures avait été retardée pour des questions pratiques et face à l'opposition des défenseurs des droits humains.

Salomé Vincendon avec AFP