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La place de la Perle évacuée dans la violence à Bahreïn

AFFRONTEMENTS À BAHREIN

AFFRONTEMENTS À BAHREIN - -

par Lin Noueihed MANAMA (Reuters) - Les autorités de Bahreïn ont fait évacuer par la force mercredi à Manama la place de la Perle qui était occupée...

par Lin Noueihed

MANAMA (Reuters) - Les autorités de Bahreïn ont fait évacuer par la force mercredi à Manama la place de la Perle qui était occupée par des contestataires, nouvel acte selon l'opposition d'une "guerre d'anéantissement".

La dispersion par les forces de sécurité des opposants qui campaient sur la place centrale de Manama depuis des semaines est une nouvelle preuve de la détermination du gouvernement à mater ce mouvement inédit, après l'imposition de la loi martiale et l'arrivée en renfort de troupes saoudiennes.

De source médicale, on fait état de deux morts et de dizaines de blessés parmi les manifestants. Deux policiers ont été tués, dit le ministère de l'Intérieur. Un élu de l'opposition fait état de cinq morts et de centaines de blessés.

"C'est une guerre d'anéantissement. Ce genre de choses ne se produit même pas pendant des guerres, c'est inacceptable", a déclaré à Reuters Abdel Jalil Khalil, qui dirige le bloc parlementaire du Wefaq, principal parti politique chiite.

Bahreïn, qui abrite la Ve Flotte américaine, est secoué depuis le mois dernier par un mouvement de contestation sans précédent depuis les années 1990, inspiré des soulèvements populaires tunisien et égyptien.

Les chiites, qui représentent plus de 60% de la population, se disent victimes de discriminations de la part de la famille régnante sunnite, Al Khalifa.

AÉROPORT, HÔPITAUX BLOQUÉS

Les opérations ont commencé vers 07h00 (04h00 GMT) lorsque des hélicoptères ont commencé à survoler la place de la Perle et des policiers ont avancé en tirant des grenades lacrymogènes. Des groupes de jeunes ont répliqué avec des cocktails Molotov mais se sont dispersés après de nouveaux gaz lacrymogènes.

La place était vide avant 06h00 GMT. Dans leur fuite en voiture, des opposants ont renversé et tué deux policiers.

Il ne semble pas que les forces étrangères appelées en renfort par Manama aient été impliquées dans ces opérations. Un millier de soldats saoudiens sont entrés à Bahreïn lundi.

Les Etats-Unis, proches alliés de Bahreïn et de l'Arabie Saoudite, ont dépêché le vice-secrétaire d'Etat Jeff Feltman pour convaincre Manama de trouver une issue politique à la crise.

Manama s'est vidée après cette opération de police.

Les rues étaient désertes, les magasins fermés et les autorités ont mis en garde les Bahreïnis contre toute tentative de rassemblement dans un lieu public. Des files d'attente se sont formées devant les distributeurs d'argent.

L'accès à l'hôpital de Salmaniya, où de nombreux civils étaient soignés, a été coupé, ainsi que celui à d'autres hôpitaux selon des témoins.

Des policiers bahreïnis, munis de masques et d'armes semi-automatiques, bloquaient plusieurs axes, dont la route principale vers le quartier chiite de Sitra, l'un des foyers de la contestation dans la capitale.

Les trois ponts reliant l'aéroport de Bahreïn à l'île principale ont également été bloqués, a dit un habitant.

"Il y a des coups de feu un peu partout. Pas seulement des tirs en l'air, c'est de la guérilla urbaine", a dit ce Bahreïni vivant près de l'autoroute Boudaïa, dans le nord-ouest de l'île.

Avec Frederik Richter, Clément Guillou pour le service français, édité par Gilles Trequesser