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La France envisage des frappes contre Daesh en Syrie

Bulent Kilic

Bulent Kilic - AFP

Alors qu'une intervention en Syrie était jusqu'à présent exclue par le gouvernement, l'exécutif réfléchirait actuellement à la possibilité d'engager des frappes contre l'organisation État islamique (EI), selon Le Monde.

La guerre contre Daesh s'apprête-t-elle à passer un nouveau cap? D'après Le Monde, l'exécutif réfléchirait à d'éventuelles frappes en Syrie pour lutter contre l'organisation État islamique (EI). À en croire le quotidien, le sujet a été abordé lors d'un conseil restreint de la défense réuni par le président François Hollande, vendredi, sur la crise syrienne.

"Il ne serait pas aberrant d’avoir de la continuité dans notre action, là où on équipe, on forme, on soutient par ailleurs des forces" contre l’EI, c’est-à-dire en Syrie, a dévoilé au Monde une source de haut niveau. "La décision est prise", aurait même affirmé un expert au journal, qui évoque dans la foulée "des premières missions de reconnaissance (...) menées en Syrie par les Mirage 2000 basés en Jordanie ou les Rafale d'Abou Dhabi".

François Hollande devrait aborder le sujet lundi

Mais aucune échéance n'aurait pour le moment été arrêtée. Vraisemblablement, le président François Hollande devrait en dire plus lundi 7 septembre, à l'occasion de sa conférence de rentrée. Une autre source citée par Le Monde doute de la capacité de la France à "frapper efficacement (...) sans dommages collatéraux". Les hypothèses les plus probables s'orientent vers des missions de reconnaissances dans un premier temps, ou des cibles au sein des territoires syriens "totalement occupés par l'EI".

"L'exode accéléré des Syriens, l'échec de la coalition (conduite par les Etats-Unis) à faire reculer l'EI en Irak, ou encore le renforcement possible de la présence militaire russe sur le terrain sont en train de bousculer la position française", estime le quotidien.

La France participe avec des avions à la coalition dirigée depuis plus d'un an par les États-Unis, qui agit en Irak contre le groupe Etat islamique. Elle refuse en revanche de prendre sa part à cette même coalition dans ses actions aériennes en Syrie, jugeant que cela risque de servir les intérêts du président syrien Bachar al-Assad, honni par Paris.

"Notre ligne n'a pas changé"

"Notre ligne n'a pas changé et il n'est pas question de participer à la coalition agissant en Syrie", a indiqué samedi à l'AFP un responsable français s'exprimant sous couvert d'anonymat.

Le Monde rappelle qu'à l'occasion d'une réunion des ambassadeurs à l'Élysée, fin août, le chef de l'État avait affirmé vouloir "neutraliser" Bachar al-Assad. Quelques jours plus tard le 28 août, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, avait nuancé ces propos: "Nous en discutons avec les Arabes, les Américains, les Russes, les Turcs, les Iraniens". Les solutions ne sont toujours pas actées, mais elles se précisent chaque jour un peu plus.