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La chute de Matteo Renzi, le "Macron italien"

Matteo Renzi.

Matteo Renzi. - ANDREAS SOLARO / AFP

Le Parti démocrate de Matteo Renzi a subi un camouflet lors des élections législatives qui se sont tenues ce dimanche en Italie et l'ex-chef du gouvernement a annoncé ce lundi qu'il allait lâcher les rênes de sa formation politique. Sa carrière subit un sérieux coup d'arrêt.

Il y a peu de temps encore, la comparaison pouvait sans doute paraître agréable aux oreilles d'Emmanuel Macron. Aujourd'hui, le parallèle entre celui-ci et Matteo Renzi, souvent tracé par la presse, a quelque chose d'encombrant pour le premier. Certes, ce dimanche, l'homme politique italien a gagné le siège florentin au Sénat mais le Parti démocrate, dont il avait la responsabilité, a réalisé son plus mauvais score, avec moins de 19% des suffrages exprimés lors des législatives transalpines. Dans la foulée, ce lundi, il a annoncé son départ de la direction de la formation politique. Reconnaissant une défaite "claire et évidente", Matteo Renzi en a tiré les conséquences: "Il est évident dans ces conditions que j'abandonne la direction du parti". 

Une personnalité décriée 

Il faut dire que la conclusion de la campagne est rude non seulement en termes de pourcentages mais qu'elle l'est également au plan géographique: le Parti démocrate n'est arrivé en tête que dans le Trentin et en Toscane, fief de Matteo Renzi. L'échec de ce dernier est d'abord politicien, souligne ici Le Monde. L'ancien président du conseil italien a été l'un des maîtres d'oeuvre du "Rosatellum", cette nouvelle loi électorale qui encourage la mise sur pied de coalitions. Or, lui-même n'a pas vraiment réussi à en échafauder une. Pire, au lieu de rassembler sa famille politique, il l'a réduite à la portion congrue en écartant les détracteurs de sa ligne libérale. 

Il connaît ainsi sa seconde déconfiture politique d'importance après le rejet de la réforme constitutionnelle qu'il avait présentée aux Italiens en décembre 2016. Le refus de 59% des Italiens l'avait conduit à quitter le rôle de président du Conseil qu'il avait endossé en février 2014. Âgé de 39 ans lors de son entrée en fonction, promettant de rompre avec une classe politique usée, il portait alors les espoirs de son camp. Mais sa personnalité s'est mise en travers de l'ascension que ses fidèles lui promettaient. Au premier rang des griefs qui lui ont bientôt été opposés, on trouve son autoritarisme et son arrogance présumés. Enfin, comme se souvient ici le correspondant à Rome des Echos, il a parfois semblé déconnecté d'une Italie en souffrance, touchée par les difficultés économiques. Son social-libéralisme enfin lui a aliéné la gauche, sans séduire durablement la droite. 

Mal en point mais...

Autant de facteurs qui expliquent que celui qui pouvait prétendre il y a quelques années à de grandes victoires sur l'échiquier politique italien soit à présent enfoncé dans une situation politique peu brillante, condamné pour la législature qui vient à n'être qu'un sénateur de l'opposition parmi d'autres. Cependant, mal au point, la carrière de Matteo Renzi n'est pas tout à fait derrière lui. Après tout, même s'il a déclaré qu'il n'essayerait pas de prendre la tête du Parti démocrate au prochain congrès, il doit cependant la conserver de fait jusqu'à ce rendez-vous qui doit se tenir après la formation du nouveau gouvernement, assure ici le correspondant du Point. Ce qui lui laisse un peu le temps de voir venir. 

Robin Verner