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La Belgique ouvre une enquête après la mort d'un homme d'affaires belge à Moscou

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Illustration - MLADEN ANTONOV / AFP

Une enquête a été ouverte par le parquet fédéral belge après la mort d'un homme d'affaires belge en Russie.

La justice belge a ouvert une enquête sur la mort d'un homme d'affaires belge retrouvé au pied de son immeuble à Moscou et veut notamment auditionner son chauffeur, témoin de la chute mortelle, a appris l'AFP mercredi auprès du parquet fédéral belge.

"Le chauffeur est belge. Ça nous semble logique qu'on fasse entendre le chauffeur quand il rentrera à la maison", a affirmé Eric Van Der Sypt, porte-parole du parquet fédéral, sans être en mesure de donner une date.

Il a expliqué que le parquet fédéral avait ouvert une enquête, comme c'est l'habitude en cas de "mort violente" d'un ressortissant belge à l'étranger. "On va prendre contact avec les enquêteurs russes, on a un protocole (de coopération, NDLR) avec le parquet de Moscou", a poursuivi Eric Van Der Sypt.

La thèse du suicide privilégiée par les Russes

Bruno Charles De Cooman, ancien professeur d'université à Gand puis en Corée du Sud, était depuis l'année dernière l'un des vice-présidents du groupe sidérurgique russe Novolipetsk Steel (NLMK), en charge de la recherche et du développement. Il a été retrouvé mort le 29 août à la mi-journée, au pied de son immeuble dans le centre de Moscou, non loin du Kremlin.

En Russie, la thèse du suicide est pour l'instant "la version privilégiée" des enquêteurs, selon l'agence de presse officielle TASS. D'après la police russe, le corps présentait les marques d'une chute d'une grande hauteur et aucune trace de lutte n'a été découverte dans l'appartement.

La famille ne croit pas à la thèse du suicide

En Belgique, la famille de l'homme d'affaires ne veut pas croire au suicide et a réclamé l'audition par les enquêteurs belges de son chauffeur, qu'elle présente comme un témoin clé du drame, susceptible d'invalider cette hypothèse. En repassant par son domicile à l'improviste en pleine journée, le dirigeant "a dit à son chauffeur de l'attendre cinq minutes" en bas, a expliqué son frère, Pierre De Cooman, à des médias flamands. "Quelques instants plus tard, il est tombé de sa fenêtre du neuvième niveau. Le chauffeur a vu Bruno tomber", a-t-il ajouté. C'est ce que le chauffeur a expliqué également aux enquêteurs à Moscou, selon des médias russes.

La mère du défunt s'est dite de son côté convaincue que son fils était attendu par plusieurs individus en haut. "Ils l'ont assommé et l'ont jeté par la fenêtre", a affirmé Marie-Madeleine Meunier à la chaîne flamande VTM. "Je veux connaître la vérité et ça c'est dans les mains de Poutine", a-t-elle ajouté en allusion au président russe Vladimir Poutine.

NLMK, qui appartient à Vladimir Lissine, l'un des plus hommes les plus riches de Russie selon le magazine Forbes, emploie près de 2.500 personnes en Europe, dont un millier en Belgique.

B.L. avec AFP