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L'Iran, source de tous les maux au Moyen-Orient

Le président Iranien Hassan Rohani

Le président Iranien Hassan Rohani - Berhouz Merhi - AFP

Nombre de spécialistes pensent que le régime iranien, avec lequel les Etats-Unis sont prêts à collaborer, est la source du problème "Etat islamique", et non pas le remède.

Depuis le réchauffement des relations entre Téhéran d'un côté et Washington, Paris, et Londres de l'autre, l'on perdrait presque l'habitude de voir un problème autre que nucléaire avec les dirigeants iraniens. Or, l'Irak est plongé dans une espèce de guerre civile, et voici que les mollahs iraniens sont redevenus des intervenants de choix dans le combat contre le califat de l'État islamique (EI). Sauf que nombre de spécialistes pensent en fait que le régime iranien est la source du problème, et non pas son remède.

L'Iran, parrain de EI

Le général Hugh Shelton, un ancien chef d'état-major des forces américaines et ancien béret vert au Vietnam, est l’une des figures les plus critiques sur ce rapprochement États-Unis-Iran. Il est venu à Paris en parler dans un colloque organisé par les Moudjahidines du Peuple d'Iran, ces inlassables ennemis du régime iranien. Lui aussi d'ailleurs. Si l'État islamique est si puissant et armé, estime-t-il, c'est parce qu'il est financé et approvisionné par un parrain étatique.

Ce parrain: le régime de Téhéran! Selon le général Shelton, l'on se fourvoie si on occulte cette réalité. Les renseignements sur la question sont probants. Également pour lui: la double erreur de deux présidents américains. George W. Bush pensait que le Premier ministre sortant de l'Irak, Nouri al-Maliki, était son ami, et était fiable. Rien n'a fait bouger Bush, très intuitif. Puis vint Barack Obama, dont le mantra était: le désengagement de l'Irak, vite. Mais à l'évidence, pas forcément bien.

La désunion en Irak, l'absence de plan de répartition de la manne pétrolière entre provinces chiites, sunnites et kurdes, tout cela concourait à rendre le pays ingouvernable. Nouri al-Maliki roulant pour Téhéran, tout était bloqué, aucun arrangement entre fractions du pays.

Question irakienne et gouvernement iranien

Il faut aujourd'hui que le nouveau gouvernement irakien prenne les devants, se sépare de l'Iran, combatte au corps à corps dans Mossoul pour le reprendre. Il lui faut l'aide des troupes kurdes, et les États-Unis doivent former un système interallié entre France, Grande-Bretagne et d'autres, pour asphyxier financièrement et logistiquement l'État islamique.

Il protéger les Chrétiens, les Yazidis, les Turcomans, et aussi les 3.000 membres de ses Moudjahidines du Peuple iranien qui sont coincés dans un affreux camp près de Bagdad, où ils sont violemment harcelés, souvent abattus, par la police pour des motifs vexatoires. Ces derniers sont des gens qui ont rendu leurs armes à l'armée américaine en 2003, et qui ont été abandonnés à leur sort par les forces américaines en 2011. "On avait abandonné les Hmongs au Vietnam lorsqu'on est parti, il ne faut pas que les États-Unis fassent pareil avec les Moudjahidines."

Enfin, pour le général il faut faire tomber le régime à Téhéran qui est le nœud de toute la déstabilisation au Moyen-Orient. Et penser au gouvernement d'après: des modérés iraniens. Et pourquoi pas, les Moudjahidines.

Harold Hyman