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L'Assemblée générale de l'Onu adopte la résolution sur la Syrie

L'Assemblée générale de l'Onu a adopté jeudi la résolution sur la Syrie qui appuie le plan de la Ligue arabe prévoyant la mise à l'écart du président Bachar al Assad. /Photo prise le 16 février 2012/REUTERS/Andrew Kelly

L'Assemblée générale de l'Onu a adopté jeudi la résolution sur la Syrie qui appuie le plan de la Ligue arabe prévoyant la mise à l'écart du président Bachar al Assad. /Photo prise le 16 février 2012/REUTERS/Andrew Kelly - -

NATIONS UNIES (Reuters) - L'Assemblée générale de l'Onu a adopté jeudi à une écrasante majorité la résolution sur la Syrie qui appuie le plan de la...

NATIONS UNIES (Reuters) - L'Assemblée générale de l'Onu a adopté jeudi à une écrasante majorité la résolution sur la Syrie qui appuie le plan de la Ligue arabe prévoyant la mise à l'écart du président Bachar al Assad.

Le texte, similaire à celui auquel Moscou et Pékin ont opposé leur veto le 4 février au Conseil de sécurité, a été approuvé par 137 voix contre 12 et 17 abstentions.

La Chine et la Russie ont à nouveau voté contre le projet d'inspiration saoudienne que l'Egypte a fait circuler au nom des délégations arabes.

Aucun veto n'est possible à l'Assemblée générale. A la différence du Conseil de sécurité, ses résolutions ne sont pas contraignantes, mais elles ont une forte valeur symbolique qui viendra s'ajouter aux intenses pressions exercées sur le régime baasiste.

"L'Assemblée générale a adressé aujourd'hui un message clair au peuple de Syrie. Le monde est avec vous", se félicite Susan Rice, ambassadrice des Etats-Unis à l'Onu, dans un communiqué.

DAMAS DÉNONCE UN COMPLOT

"A une écrasante majorité, les Etats membres ont apporté leur soutien au plan avancé par la Ligue arabe pour mettre fin aux souffrances des Syriens", poursuit-elle, soulignant que Bachar al Assad "n'a jamais été aussi isolé".

Alain Juppé s'est lui aussi félicité de ce "soutien massif et sans équivoque au peuple syrien, à la Ligue arabe et à la seule initiative qui permette à la Syrie de sortir pacifiquement de la crise".

"Après le blocage par veto du Conseil de Sécurité, chacun doit tirer les conséquences de cette mobilisation exemplaire des Nations Unies", ajoute dans un communiqué le ministre français des Affaires étrangères, en allusion à la Russie et à la Chine.

La résolution exprime le "plein soutien" de l'Assemblée générale à ce plan qui, outre la mise à l'écart du président, invite Ban Ki-moon, secrétaire général de l'Onu, à désigner un représentant spécial en Syrie.

Il condamne par ailleurs "les atteintes nombreuses et systématiques aux droits de l'homme" et réclame le retrait des moyens militaires déployés dans les centres urbains.

"Nous avons de profondes inquiétudes quant aux réelles intentions des Etats qui ont coparrainé ce projet, en particulier parce qu'ils ont pris la tête d'une agression politique et médiatique de la Syrie", a déploré l'ambassadeur syrien Bachar al Dja'afari, dénonçant un complot ourdi pour permettre à l'opposition "terroriste" de prendre le pouvoir.

Pour son homologue russe Vitali Tchourkine, le texte "reflète la tendance inquiétante (...) visant à isoler l'administration syrienne, à récuser tout dialogue avec elle et à imposer une formule extérieure en guise de solution politique".

Iran, Corée du Nord, Bolivie et Venezuela font également partie des Etats membres qui ont voté contre et leurs délégués ont exprimé leur soutien au gouvernement syrien.

Louis Charbonneau, Jean-Philippe Lefief et Bertrand Boucey pour le service français