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"Je vais juste continuer à prier": aux Bahamas, des appels à l'aide désespérés face à l'ouragan Dorian

L'ouragan Dorian est arrivé aux Bahamas

L'ouragan Dorian est arrivé aux Bahamas - Lucy WORBOYS / AFP

A l'heure actuelle, un premier bilan fait état de 5 morts et d'une vingtaine de blessés sur l'archipel.

Ce lundi en fin de journée, le Premier ministre des Bahamas, violemment touché ce lundi par l'ouragan Dorian qui avait été rétrogradé de catégorie 5 à 4, a annoncé qu'au moins cinq personnes avaient trouvé la mort sur les îles Abacos, faisant partie de l'archipel. Un premier bilan fait état d'une vingtaine de blessés.

Malgré sa déclassification, l'ouragan restait très dangereux car il a ralenti et s'est retrouvé quasiment à l'arrêt au dessus du pays insulaire, mettant en danger la vie de plusieurs centaines de personnes. Ainsi, les secours locaux sont extrêmement sollicités et les autorités affirment recevoir de nombreux appels à l'aide, parfois à la tonalité désespérée. 

"A tous ceux qui peuvent m'aider, ici Kendra Williams. Je vis à Heritage. Nous sommes sous l'eau". "Est-ce que quelqu'un peut nous aider ou nous envoyer de l'aide ? S'il vous plaît." "Moi, mes six petits-enfants et mon fils sommes dans le grenier".

Si l'authenticité de ce SMS n'a pu être vérifiée, il a été transmis à l'AFP par Yasmin Rigby, une habitante de Freeport, sur l'île de Grand Bahama.

Des personnes "désespérées"

"Nous avons beaucoup de personnes affolées qui nous appellent", a déclaré à l'AFP Don Cornish, responsable des services de secours dans l'archipel des Caraïbes. 

"Ils sont très inquiets par la subite montée des eaux... Nous avons des personnes qui veulent essayer de se sortir de cette situation et qui sont désespérées alors que l'eau s'est infiltrée jusque dans leurs maisons", ajoute ce dernier. 

En plus du vent, le danger pour ces îlots au relief plat sont les vagues qui peuvent atteindre trois à six mètres de hauteur, voire plus. Lundi, une grande partie de ce territoire composé de quelque 700 îles (dont une trentaine sont habitées) était sous les eaux.

Selon Yasmin Rigby, l'aéroport de Freeport ainsi que l'hôpital de la ville étaient tous deux inondés. Plus d'eau courante, ni d'électricité.

"Certains membres de la famille dont le foyer n'était plus en sécurité ont été évacués jusqu'à chez nous", a-t-elle dit à l'AFP. "Je prie pour que l'eau ne prenne pas la direction de notre maison".

"Je n'ai pas de nouvelles de ma famille"

Un message du centre de commandement des secours, basé à New Providence - l'île la plus peuplée des Bahamas - réclamait de manière urgente des jet skis, des bateaux de petite taille et des gilets de sauvetage.

Des appels à l'aide étaient aussi signalés sur le réseau social Twitter, sans que leur origine n'ait pu être également confirmée.

Un homme a notamment indiqué que des membres de sa famille étaient réfugiés sur le toit de leur maison à Freeport. "Je n'ai pas de nouvelles de ma famille vivant dans les îles Abacos depuis samedi", a-t-il fait savoir.

A de nombreux endroits, le niveau de l'eau atteignait la hauteur des toits des maisons. Les vagues balayaient les toitures en bardeaux, déchiquetant violemment le bois des maisons transformés en débris, quant elles ne se ruaient pas à l'intérieur-même des habitations.

Un nourrisson, mais plus de toit 

Une vidéo sur Twitter montrait également d'énormes vagues s'écrasant contre la fenêtre d'une maison à Grand Bahama. Une autre les affaires personnelles d'une famille ballotées et lessivées dans leur salon inondé.

De son côté, le journal local The Nassau Guardian a raconté l'histoire de Gertha Joseph, 35 ans et vivant à Marsh Harbor, sur les îles Abacos. La jeune femme se tenait dimanche en haut d'un escalier dans sa maison, son fils de quatre mois dans ses bras, lorsque son toit s'est effondré.

Alors qu'elle était paralysée par la peur, un voisin est venu l'aider.

"Il a mis (mon fils dans) ce truc en plastique et il a traversé à la nage avec lui parce que je ne sais pas nager", a-t-elle expliqué.

Elle a aussi indiqué à un journaliste qu'elle et plus de 50 personnes s'étaient entassées dans la seule maison qui se trouvait debout dans sa rue. Elle ne savait pas non plus où elle irait une fois que les eaux pluviales se seraient retirées. 

"Je vais juste continuer à prier", a-t-elle encore dit.
Hugo Septier avec AFP