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Japon, Liban, Afrique du Sud... Ces pays qui tardent à vacciner contre le Covid-19

Plus d'une centaine de pays n'ont pas commencé à vacciner leurs populations contre le Covid-19

Plus d'une centaine de pays n'ont pas commencé à vacciner leurs populations contre le Covid-19 - Christophe ARCHAMBAULT © 2019 AFP

Pour des raisons diverses, plus d'une centaine de pays dans le monde n'ont toujours pas commencé à vacciner leurs populations contre le Covid-19.

Trop pauvres, trop mal organisés, trop dépendants du système Covax de l'OMS ou tout simplement prudents à l'extrême: plus de cent pays n'ont toujours pas commencé à vacciner leurs populations contre le coronavirus. Passage en revue de plusieurs cas emblématiques.

• Le Japon, l'un des pays les plus "vaccinosceptiques" au monde

Relativement épargné par la pandémie avec moins de 6.000 décès pour 126 millions d'habitants, le Japon a conclu avec les laboratoires Pfizer, Moderna et AstraZeneca des accords de livraison pour recevoir "341 millions de doses de vaccin", selon le Premier ministre Yoshihide Suga, soit théoriquement assez pour l'ensemble de sa population.

Mais malgré l'enjeu national que représente l'organisation en juillet des Jeux olympiques, déjà reportés d'un an à cause du Covid-19, le pays a choisi de se donner du temps avant de lancer sa campagne vaccinale. Les médias évoquent un coup d'envoi en mai, soit plus de cinq mois après la plupart des autres pays développés. Aucun vaccin n'a encore obtenu le feu vert des autorités, qui souhaitent les soumettre à des examens cliniques renforcés.

Le pays compte parmi les plus vaccinosceptiques au monde et le gouvernement souhaite se prémunir contre d'éventuels recours collectifs en justice. Ces recours se sont multipliés depuis les années 1970, conduisant au retrait de nombreux vaccins. Les autorités peuvent être tenues responsables de tout effet secondaire.

Pour tenter de donner l'exemple, le Premier ministre Yoshihide Suga a annoncé qu'il serait parmi les premiers à se faire vacciner. La vaccination sera ensuite proposée en priorité à quelque 10.000 personnels de santé, puis aux 50 millions d'habitants âgés de plus de 65 ans.

• L'Afrique du Sud victime d'un manque d'approvisionnements

Pays africain le plus touché par le virus, avec plus de 44.000 décès officiels, l'Afrique du Sud voit elle aussi, comme la majeure partie du continent, ses approvisionnements en vaccins dépendre en partie du système Covax ainsi que de l'Union africaine.

Le pays a toutefois directement commandé 1,5 million de doses de vaccin AstraZeneca produites en Inde. Critiquées pour leur lenteur, les autorités ont finalement annoncé fin janvier avoir réservé 20 millions de doses de vaccin Pfizer, doublant le nombre total de doses commandées, à 40 millions.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a annoncé sur Twitter ce lundi que les premières doses du vaccin étaient arrivées dans le pays.

Le pays de près de 60 millions d'habitants veut vacciner les deux-tiers de la population d'ici à la fin de l'année, un objectif jugé irréalisable par les représentants des médecins.

• Le Liban, ébranlé par la crise économique et sociale

Secoué par une grave crise sociale et économique qui donne lieu à des heurts réguliers entre manifestants et forces de l'ordre, le Liban doit principalement s'en remettre au système Covax de l'OMS (Organisation mondiale de la santé) pour obtenir des doses de vaccin, comme 92 autres pays défavorisés. Il dépend également d'un financement de la Banque mondiale.

Les premiers vaccins, fournis par l'Américain Pfizer, sont attendus d'ici la mi-février dans ce pays durement affecté par la pandémie et dont les six millions d'habitants sont soumis à un reconfinement très strict.

Lancées fin janvier, les pré-inscriptions pour la vaccination ont recueilli plus de 100.000 demandes en moins de 24 heures. Les personnels médicaux et les plus de 75 ans seront prioritaires.

Le ministère de la Santé a assuré vouloir vacciner 80% de la population d'ici à la fin de l'année, un objectif toutefois jugé peu réaliste par l'ONG Human Rights Watch et des responsables médicaux.

• En Colombie, l'opposition dénonce un manque de transparence

Troisième pays le plus endeuillé d'Amérique latine après le Brésil et le Mexique, avec 53.000 morts, la Colombie ne débutera pas sa campagne de vaccination avant le 20 février.

L'opposition et les instances médicales ont vivement dénoncé le "retard" et le "manque de transparence" de la campagne de vaccination de ce pays de 50 millions d'habitants, qui figure parmi les lanternes rouges du continent.

Le président Ivan Duque avait annoncé mi-décembre l’arrivée de 40 millions de doses de vaccins et promis que la campagne de vaccination commencerait en janvier.

A la fin du mois janvier, le chef de l'État a assuré qu'un million de personnes seraient vaccinées d'ici fin mars. Plus de 60 millions de doses ont été commandées à ce jour auprès des grands laboratoires et via le système Covax, selon Bogota.

• La Bosnie, trompée par "le système Covax"

État non-membre de l'Union européenne, la Bosnie compte parmi les rares pays européens à n'avoir pas encore commencé sa campagne de vaccination, malgré un des taux de mortalité les plus élevés au monde avec 4.650 décès pour 3,5 millions d'habitants.

Vivement critiqué, le président en exercice de la présidence tripartite bosnienne, Milorad Dodik, a estimé que lui et les autres dirigeants avaient "littéralement été trompés par cette histoire d'approvisionnement via le système Covax", auprès duquel le pays a commandé 1,2 million de doses, désormais pas attendues avant le printemps.

L'entité serbe de Bosnie, la Republika Srpska, espère pouvoir ouvrir le bal de la vaccination "dans les prochaines jours", avec quelque 100.000 doses de vaccin Spoutnik V qu'elle a commandées directement auprès de la Russie.

Le gouvernement fédéral, qui attend également 900.000 doses via le système d'approvisionnement de l'UE, a indiqué chercher à commander directement des doses supplémentaires auprès de la Chine, la Russie et du laboratoire Pfizer.

Fanny Rocher avec AFP