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Israël: sur El-Al les femmes ne cèderont plus leur place aux religieux

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- - Illustration - Un avion de la compagnie El-Al - Image Flickr

Une octogénaire israélienne a obtenu gain de cause contre la compagnie aérienne nationale, qui lui avait demandé de changer de place suite aux demandes d'un autre passager ultra-orthodoxe, refusant de s'asseoir à côté d'une femme.

Une femme âgée de 83 ans, qui avait refusé de changer de siège à la demande d'un passager juif ultra-orthodoxe sur un vol de la compagnie israélienne El-Al, a obtenu gain de cause mercredi devant un tribunal israélien.

C'est la première fois qu'une action en Justice est menée sur ce type d'incident -qui s'est déjà produit sur les vols de la compagnie nationale israélienne-, souligne à l'AFP Anat Hoffman, présidente du Centre d'action religieuse d'Israël (IRAC).

Refus de s'asseoir à côté d'une femme

L'IRAC, une association qui oeuvre pour la reconnaissance et la défense du judaïsme réformé en Israël, s'est constitué partie civile dans le procès et a représenté la passagère, Renee Rabinovitch, qui se définit elle-même comme religieuse, devant la Justice israélienne.

En décembre 2015, un stewart a demandé à l'octogénaire, à bord d'un vol entre New-York et Tel-Aviv, de changer de place à la demande d'un passager juif ultra-orthodoxe auquel un siège avait été assigné à côté d'elle mais qui refusait de s'asseoir près d'une femme, selon un communiqué de l'IRAC. Renee Rabinovitch a refusé de quitter son siège et a porté plainte pour discrimination contre El-Al.

"Violation de la loi interdisant la discrimination"

Les juifs ultra-orthodoxes suivent des règles strictes de séparation entre les hommes et les femmes. 

Un tribunal israélien a rendu mercredi sa décision sur le sujet, la juge estimant que "dans aucune circonstance un membre d'équipage ne peut demander à un passager (...) en raison de son sexe de changer de siège dans un avion (...) car cela constitue une violation de la loi interdisant la discrimination." Selon le verdict, la compagnie El-Al devra d'ici six mois mener une campagne à l'adresse de ses employés sur leur sujet.

Une polémique comparable avait éclaté il y a quelques années suite à des attaques verbales et physiques contre des femmes ultra-orthodoxes refusant de s'asseoir à l'arrière des autobus sur les lignes fréquentées par les religieux, où une ségrégation tacite était pratiquée. 

G.D. avec AFP