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Indonésie: le Français évadé de prison a été capturé

Félix Dorfin le 2 février 2019

Félix Dorfin le 2 février 2019 - Pikong - AFP

Interpellé en septembre, il risque une longue peine de prison, voire la peine de mort.

Félix Dorfin, le Français de 35 ans soupçonné de trafic de drogue qui s'était évadé de sa prison en Indonésie dans la nuit du 20 au 21 janvier, a été capturé, a annoncé samedi la police du pays.

Originaire de Béthune, il a été intercepté vendredi soir sur les indications des habitants alors qu'il se cachait dans une forêt du nord de l'île de Lombok. Après une visite médicale, il a été réincarcéré dans la prison de Mataram, le chef-lieu de l'île, selon les autorités.

"Il n'a pas résisté, mais a d'abord essayé de corrompre nos agents" pour les convaincre de le laisser partir, a raconté le chef de la police du nord de Lombok, Herman Suriyono.

Virement de 1.000 dollars 

Félix Dorfin avait initialement été arrêté fin septembre à l'aéroport de Lombok avec plusieurs types de drogues, dont de la cocaïne, de l'ecstasy et des amphétamines, dissimulées dans une valise à double fond. Il peut risquer jusqu'à la peine de mort s'il est déclaré coupable.

Il se trouvait dans un centre de détention de la police dans l'attente de son procès et d'une probable condamnation à une lourde peine quand il s'est enfui.

Une policière soupçonnée de l'avoir aidé à s'échapper contre des pots-de-vin de plus de 1.000 dollars a été arrêtée et inculpée. "De l'argent a été transféré par les parents du suspect" via Western Union, avait expliqué vendredi Agus Salim, un responsable de la police locale.

"Sa mère a reconnu avoir fait un versement de quelque 500 euros", soit la moitié de la somme mentionnée, "mais dans le but d'améliorer les conditions de détention de Félix Dorfin", a indiqué une source proche du dossier à l'AFP.

La policière a utilisé ces fonds pour procurer à Dorfin un téléphone et une couverture qu'il a pu utiliser pour s'échapper, selon les autorités.

Evasions courantes en Indonésie 

Les circonstances exactes de l'évasion n'ont toutefois pas été éclaircies. La police avait expliqué précédemment qu'il avait scié les barreaux de la cellule, et qu'il s'était échappé du deuxième étage du centre de détention de la police en descendant avec un sarong (pièce de tissu) et des rideaux attachés ensemble en guise de corde.

Les évasions sont relativement courantes en Indonésie, où les prisons sont souvent surpeuplées, présentent des conditions sanitaires précaires, et sont parfois mal gardées.

En Indonésie, les trafiquants encourent de longues peines de prison, voire la peine de mort.

Hugo Septier avec AFP