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Hollande en Irak vendredi pour s'investir dans le dossier EI 

François Hollande à l'Elysée, le 9 septembre 2014.

François Hollande à l'Elysée, le 9 septembre 2014. - Patrick Kovarik - AFP

Le chef de l'Etat sera en déplacement en Irak, vendredi, pour rencontrer son homologue Fouad Massoum. Il pourrait profiter de ce voyage pour faire une annonce forte sur le rôle de la France dans la lutte contre l'Etat islamique, alors que les Etats-Unis vont étendre leur campagne de frappes.

François Hollande va-t-il annoncer une participation de la France aux frappes aériennes en Irak? Alors que le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a clairement évoqué cette possibilité mercredi, le président de la République se rend vendredi en Irak, quelques jours avant d'organiser à Paris une conférence internationale sur "la paix et la sécurité" dans ce pays menacé depuis trois mois par les jihadistes de l'Etat islamique (EI).

Soutien au nouveau gouvernement

François Hollande va apporter son soutien au nouveau gouvernement de rassemblement formé mardi à Bagdad, et très certainement préciser la stratégie de la France à l'encontre de l'organisation islamiste, qui contrôle de larges pans de territoires en Irak et en Syrie.

L'Elysée n'a pas précisé la destination du chef de l'Etat en Irak. Il pourrait toutefois se rendre à Bagdad ou à Erbil (Kurdistan irakien), dans les pas de son chef de la diplomatie Laurent Fabius, venu le 10 août sur place superviser la livraison d'aide humanitaire française aux civils, notamment chrétiens, fuyant l'avancée des jihadistes.

Vers une participation militaire de la France?

Alors que Barack Obama a annoncé mercredi son plan d'action contre l'EI, n'excluant plus de mener des frappes en Syrie, François Hollande pourrait profiter de ce déplacement pour faire une annonce forte sur le rôle de la France. "La détermination des égorgeurs de Daesh (acronyme de l'Etat islamique en arabe) est forte, la nôtre doit l'être plus encore", a souligné le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, mercredi devant l'Assemblée nationale.

La France, avait expliqué vendredi François Hollande après un entretien avec son homologue américain Barack Obama en marge d'un sommet de l'Otan à Newport (Pays de Galles), est prête à participer, "dans le respect du droit international", à la coalition internationale que Washington s'efforce de réunir pour "détruire" l'organisation jihadiste.

Elle participera "si nécessaire à une action militaire aérienne" en Irak, a complété mercredi Laurent Fabius, premier membre du gouvernement français à évoquer publiquement cette éventualité. Il y a un an, Paris était déjà en pointe pour qu'il soit procédé à des frappes aériennes - à l'époque contre le régime syrien - mais avait dû revoir ses plans in extremis quand les Etats-Unis avaient renoncé à cette opération.

Une visite non liée à la situation intérieure

L'Elysée l'affirme haut et fort: l'hyperactivité du président Hollande dans le dossier irakien n'est aucunement liée à la situation intérieure, fortement dégradée après les confidences livresques de son ex-compagne Valérie Trierweiler, le dérapage accéléré des déficits publics ou son impopularité sans précédent. "Que la situation intérieure soit difficile, nous ne le contestons pas mais ce n'est en aucun cas le moyen de la compenser", souligne-t-on dans l'entourage du chef de l'Etat, faisant valoir qu'il "n'a cessé de travailler sur ce dossier irakien tout au long de l'été".

Quant à l'annonce, avec 72 heures d'avance, de son déplacement en Irak - alors que pour d'évidentes raisons de sécurité la plupart des visites de responsables étrangers sont généralement tenues secrètes jusqu'à leur arrivée sur le sol irakien -, elle visait à manifester le soutien de la France au nouveau gouvernement irakien le jour même de sa formation, assure-t-on de même source.

A.S. avec AFP