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Fusillades à Hanau: des milliers de personnes ont rendu hommage aux victimes en Allemagne

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Des milliers de personnes se sont recueillies dans une cinquantaine de villes allemandes dont Hanau, où une double fusillade raciste a fait neuf morts ce mercredi. Le président allemand a appelé à se "dresser contre la violence".

Après la double tuerie raciste d'Hanau en Allemagne qui a fait neuf morts, les Allemands se sont recueillis dans une cinquantaine de villes ce jeudi soir. À Hanau, fleurs et bougies ont été déposées près des lieux du drame, barrés par un important dispositif policier. Plusieurs proches des victimes mais aussi des habitants de la ville s'y sont recueillis tout au long de la journée, se prenant parfois dans les bras, en pleurs.

Une marche funèbre a été organisée en début de soirée sur la place du marché, à laquelle se sont joints entre autres le maire de la ville et le président de la République. Ce dernier a lancé un appel à la tribune.

"Ensemble, nous devons tous nous dresser contre la violence", a notamment déclaré Frank-Walter Steinmeier. "Montrez de la solidarité !", a exhorté le chef de l'Etat.

"Je n'arrive pas à y croire"

Des mots qui ne suffisent pas à rassurer Hatice Nazerzadeh, une cousine de l'une des victimes de la fusillade. 

"Je suis sans voix. Je n'arrive pas à y croire. Je ne peux pas croire qu'il ne rentrera pas, je ne peux pas l'accepter. Il faut un changement et pour cela il faut interdire l'AFD (l'Atlernative pour l'Allemagne, un parti d'extrême droite, ndlr). Tant que ce parti sera légal en Allemagne, le nazisme sera légal.", a-t-elle déploré auprès de BFMTV.

"On se demande si on va revivre cette période"

Une situation préoccupante pour la communauté Rom également, dont l'une des victimes faisait partie. 

"L'extrême droite progresse comme jamais. Et nous les Roms qui avons été victimes de l'Holocauste, cela nous inquiète. On se demande si on va revivre cette période", se soucie Adam Strauss, représentant de la communauté Rom de Hesse, le Land dans lequel se situe la ville de Hanau. 

De leur côté, les associations turques musulmanes demandent au gouvernement des mesures de protection pour leurs fidèles, qui ne se sentent plus en sécurité en Allemagne. Angela Merkel quant à elle a évoqué le "poison du racisme" en faisant le lien avec d'autres attentats attribués à l'extrême droite depuis vingt ans outre-Rhin. 

Alexandra Jaegy