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Fukushima: "Il y a des chances que l’on soit les prochains sur la liste"

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Troisième anniversaire de la catastrophe de Fukushima, le pire sinistre nucléaire depuis celui de Tchernobyl. Le séisme, le tsunami et l'accident atomique du 11 mars 2011 ont fait plus de 18.000 morts, mais aussi des centaines de milliers de déplacés.

Il y a trois ans, jour pour jour, le monde entier assistait à la catastrophe nucléaire de Fukushima.

11 mars 2011, les côtes japonaises sont frappées par un séisme suivi d'un tsunami sans précédent. Une catastrophe naturelle de grande ampleur, qui fera plus de 18.000 morts et qui provoquera une autre catastrophe, nucléaire, à la centrale de Fukushima.

Dimanche, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté à Tokyo pour l'abandon définitif de tout recours au nucléaire. Dans le même temps, plusieurs milliers d'antinucléaires manifestaient à Fessenheim en Alsace, pour réclamer la fermeture de la centrale la plus ancienne de France.

Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a lancé un appel pour un rassemblement aujourd'hui (12h30) place de la Bastille à l'occasion du "triste anniversaire des trois ans de la catastrophe de Fukushima".

"En France on n’est pas à l’abri d’un accident nucléaire", avance pourtant Laura Hameaux, chargée de campagne au sein du réseau Sortir du Nucléaire. "On a pris quelques mesures pour améliorer la sécurité de nos centrales, mais elles n’ont pas été mise ne place. Quand bien même, en matière de nucléaire, le risque zéro n’existe pas. Comme on est l’un des pays les plus nucléarisés au monde, avec 57 réacteurs en fonctionnement, en termes de statistique, il y a des chances que l’on soit les prochains sur la liste."

"Comme l'imprévisible peut arriver..."

"Nous avons créé une force d’action rapide nucléaire, la FARN. Elle est capable d’apporter par hélicoptère en quelques heures des groupes électrogènes, des pompes, pour rétablir le refroidissement des réacteurs", explique pourtant Bruno Comby, ingénieur en génie nucléaire et président de l'association des écologistes pronucléaires. "Nos réacteurs sont plutôt plus récents et mieux conçus que ceux des Japonais, mais comme l’imprévisible peut arriver, on a renforcé la sécurité."

En réaction à Fukushima, l'Allemagne a décidé de réduire sa production d'électricité nucléaire. Est-ce un exemple à suivre ?

"A l’heure actuelle, en Allemagne, on remplace le nucléaire par le charbon et le gaz", analyse Bertrand Barré, ancien président de la société française d’énergie nucléaire et professeur d'ingénierie nucléaire. "C'est beaucoup plus risqué que le nucléaire. Il y des conséquences en termes de victimes dans les mines, en terme de pollution et d’effet de serre. En Allemagne, il y avait moins de nucléaire que nous, environ 22%, et en essayant de le réduire, ils ne peuvent s’empêcher de passer par le charbon et le gaz. Voilà ce que l’on évite."

"On a toujours pas stabilisé les centrales"

Michel Rivasi était invitée sur RMC ce mardi matin. La députée européenne Europe Ecologie dénonce une situation absolument pas stabilisé à Fukushima. "Trois ans après Fukushima, la situation est loin d'etre stabilisée. Ce qui est très grave c qu'on est en train de contaminer le Pacifique. Même en Californie on a trouvé des poissons contaminés. C'est de la désolation. Moi, ça m'a touché, vous pouvez pas vous imaginez. J'ai vu des éleveurs vivre dans des terrains contaminés qui mangeaient leur nourriture. On a pas dit aux gens que c'était très grave. Si demain ça arrive en France c'est au-delà de la guerre car il n'y a pas de fin".

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dossier :

Fukushima

La Rédaction avec Jean-Baptiste Durand