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Fausse agression: six mois ferme contre un responsable des Restos du coeur

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- - Beatrice Huret devant le tribunal de Boulogne-sur-Mer le 27 juin 2017 - PHILIPPE HUGUEN, AFP

Le tribunal correctionnel de Bobigny a condamné à six mois de prison ferme, un homme soupçonné d'avoir inventé une agression islamiste.

Richard Sautour, gérant bénévole des Restos du coeur de Montreuil (Seine-Saint-Denis), a été condamné jeudi par le tribunal correctionnel de Bobigny à six mois de prison ferme pour avoir inventé une agression islamiste à son encontre.

Conformément aux réquisitions du procureur, cet homme de 59 ans a écopé de la peine maximale prévue par le code pénal pour "dénonciation de crime ou délit imaginaire". Il a aussi été condamné a verser un euro symbolique aux Restos du coeur, comme le réclamait l'association qui s'était constituée partie civile.

A l'audience en mai, le gérant avait maintenu la version livrée aux enquêteurs lors des faits. Retrouvé un couteau planté dans l'abdomen dans les locaux de l'association le 1er juillet, il affirme avoir été agressé par un couple, armé d'une hache et d'un couteau. L'homme serait de "type africain", la femme "voilée". 

"Nous allons faire appel"

D'après son récit, elle lui plante un couteau dans le ventre avant de s'enfuir en criant "Allah Akbar". Il évoque aussi une lettre de menaces reçue quelques mois avant.

Pourtant, l'enquête avançant, les éléments à charge s'accumulent contre lui. Le graphologue le désigne comme l'auteur de la lettre de menaces. Aucun indice ni témoignages ne permettent d'identifier les agresseurs, alors qu'un important dispositif policier a été déployé dans un contexte d'attentats. Sur la hache, le seul ADN retrouvé est celui de son épouse. 

Reste que pour son avocat, Jean-Louis Granata, "ce n'est pas parce que l'enquête n'a pas permis d'identifier les auteurs que l'agression n'a pas existé". "Il se serait mutilé pour attirer l'attention sur lui ? Ce n'est pas crédible", avait-il plaidé à l'audience.

"Nous allons faire appel", a-t-il déclaré jeudi à l'AFP. "Nous estimons que mon client n'est pas coupable, qu'il a subi une agression". 

G.D. avec AFP