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Vente de navires Mistral à la Russie: la France dans le collimateur de l'UE

Le second navire militaire Mistral, baptisé "Sébastopol", en construction aux chantiers navals STX France, à Saint-Nazaire.

Le second navire militaire Mistral, baptisé "Sébastopol", en construction aux chantiers navals STX France, à Saint-Nazaire. - -

Alors que les Européens sont en plein débat pour renforcer les sanctions contre Moscou, après le crash du vol MH17, les pressions contre la France s'intensifient pour qu'elle mette fin à la vente de navires militaires Mistral à la Russie.

Mistral gagnant? Pas sûr. La vente de deux navires militaires français à la Russie provoque des remous sur le plan international, depuis le crash de l'avion de Malaysia Airlines, dans l'est de l'Ukraine. Alors que les ministres européens des Affaires étrangères se sont réunis mardi à Bruxelles afin d'évoquer de nouvelles sanctions contre Moscou, les critiques à l'égard de la France se multiplient.

Une livraison attendue en octobre

Interrogé lundi soir sur la livraison de deux Mistral à la Russie, François Hollande a affirmé, lors d'un dîner à Paris avec l'Association de la presse présidentielle, que le premier navire serait livré en octobre. "Le marché a été conclu en 2011, le bateau est quasiment achevé et doit être livré en octobre", a-t-il assuré. Les sanctions contre la Russie n'y changeront rien, le montant du chèque versé à la France interdirait toute annulation de la vente: "Les Russes ont payé. Il faudrait qu'on rembourse 1,1 milliard d'euro" si le bateau n'était pas livré, a justifié le chef de l'Etat.

En revanche, la livraison du deuxième Mistral "dépendra de l'attitude de la Russie", a ensuite annoncé le président Hollande, avant d'ajouter qu'"à ce stade, il n'y a pas de sanction décidée qui nous obligerait à renoncer".

"La mistralisation de la politique européenne".

La position de la France a fait sortir de ses gonds la présidente lituannienne. Sur son compte Twitter, Dalia Grybauskaité a dénoncé mardi la "mistralisation de la politique européenne". "L'Europe doit oser se montrer unie face au terrorisme", a-t-elle ensuite exhorté dans son message.

Twitter / Grybauskaite_LT: Time to stop the ...

La position de la France "difficile à défendre"

En arrivant à Bruxelles à la rencontre de ses homologues européens, sa ministre des Affaires étrangères, Linas Linkevicius, a estimé que "le moment [était] venu de décréter un embargo sur les armes et de se réveiller un peu". Plus cynique, le chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt a estimé que "Livrer des armes à la Russie est une position difficile à défendre".

Même son de cloche du côté de la Grande-Bretagne, qui pense à suspendre la vente de matériel militaire à la Russie: "Nous devrions envisager une interdiction de toutes les ventes d'équipement militaire, des navires, différents types de technologie, cela doit cesser", a déclaré Philip Hammond.

"Impensable de mener à bien cette commande"

Lundi, le Premier ministre britannique David Cameron a appelé l'UE à adopter des sanctions économiques exemplaires, dites de "phase 3", contre la Russie, et à cesser toute vente d'armes à ce pays.

"Franchement, il serait impensable de mener à bien une commande comme celle qu'ont les Français, mais nous devons mettre la pression sur tous nos partenaires pour dire que nous ne pouvons pas continuer à faire des affaires comme si de rien n'était avec un pays", a-t-il insisté.

Au mois de juin, le président Barack Obama avait lui aussi exprimé son "inquiétude".

Mélanie Godey