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Ukraine: un accord sur un cessez-le-feu a été conclu à Minsk

Vladimir Poutine, Angela Merkel, François Hollande et Petro Porochenko, mercredi 11 février, à Minsk.

Vladimir Poutine, Angela Merkel, François Hollande et Petro Porochenko, mercredi 11 février, à Minsk. - Mykola Lazarenko - Ukraine Presidential Press Servi - AFP

Le sommet de Minsk va-t-il déboucher sur un accord de paix? Après une longue nuit de négociations, Vladimir Poutine a annoncé ce jeudi matin la conclusion d'un accord sur le conflit en Ukraine. Un peu plus tôt, le président ukrainien Petro Porochenko s'était montré pessimiste.

Le sommet pour la paix en Ukraine n'aura pas été vain. Après une nuit d'intenses discussions entre les dirigeants ukrainien, russe, français et allemand, réunis à Minsk, en Biélorussie, Vladimir Poutine a annoncé ce jeudi matin, peu après 10 heures, heure française, qu'un accord a finalement été conclu, précisant qu'un cessez-le-feu doit entrer en vigueur le 15 février prochain à minuit, c'est-à-dire ce dimanche, et que l'accord implique le retrait des armes lourdes le long de la ligne de front.

Création d'une zone tampon élargie

Kiev et les rebelles séparatistes ont signé une feuille de route visant à ramener la paix en Ukraine, qui prévoit notamment l'instauration d'un cessez-le-feu dimanche et la création d'une zone tampon élargie (largeur de 50 à 70 km, contre 30 km prévus par les précédents accords de paix). Le Groupe de contact, constitué d'émissaires ukrainiens, russes et de représentants de l'OSCE, a négocié à Minsk avec les rebelles séparatistes en parallèle des discussions de François Hollande, Angela Merkel, Vladimir Poutine et Petro Porochenko.

"On a réussi à trouver un accord sur l'essentiel", a ainsi indiqué le dirigeant russe, à l'issue de 16 heures de négociations. Le président français François Hollande a confirmé cet "accord sur le cessez-le-feu et un règlement politique global", et évoqué "un espoir sérieux, même si tout n'est pas encore accompli".

"Toutes les questions ont été traitées par ce texte qui a été signé par le groupe de contact et les séparatistes", a déclaré le chef de l'Etat français, lors d'une déclaration commune, aux côtés de la chancelière allemande Angela Merkel.

"Pas encore de bonnes nouvelles"

Quelques instants avant ces annonces, Petro Porochenko, le président ukrainien, s'était pourtant montré pessimiste, estimant que les Russes posaient des conditions "inacceptables". Il avait également indiqué qu'il n'y avait "pas encore de bonnes nouvelles" concernant les négociations. "Malheureusement, il n'y a pas encore de bonnes nouvelles. Pour l'instant, il n'y a aucune nouvelle. L'espoir existe toujours", avait-il expliqué à l'AFP.

De leur côté, les dirigeants séparatistes de l'Est de l'Ukraine avaient indiqué qu'ils refusaient de signer l'accord en discussion, et voulaient le retrait des forces ukrainiennes présentes à Debaltseve, ville stratégique de l'Est de l'Ukraine située entre Lougansk et Donetsk où de violents combats font rage. 

Entamé mercredi soir, ce sommet s'est déroulé dans une atmosphère des plus tendues, alors que la journée de mercredi a été l'une des plus sanglantes du conflit dans l'Est ukrainien. 

Seize heures de négociations

Le président russe Vladimir Poutine, son homologue Petro Porochenko, le chef de l'Etat français François Hollande, la chancelière allemande Angela Merkel et leurs conseillers, enfermés dans une salle aux imposantes colonnes de marbre, ont discuté pied à pied pendant seize heures le document préparé pendant plusieurs jours de tractations par leurs diplomates, visant à mettre fin à dix mois de guerre dans cette ex-république soviétique.

Le chef de l'Etat français et la chancelière allemande ont fait bonne figure devant les caméras, mais le visage renfrogné du président ukrainien et l'attitude en retrait de Vladimir Poutine dans les couloirs du gigantesque bâtiment de la présidence bélarusse n'ont laissé que peu de place au doute concernant la difficulté des négociations.

L'accord "ne garantit pas un succès durable" en Ukraine, a d'ailleurs nuancé François Hollande jeudi après-midi. "Cela suppose que nous continuions à être vigilants, à exercer la pression et à poursuivre le mouvement qui a été engagé", a-t-il ajouté à son arrivée au sommet européen de Bruxelles.

A.S. avec agences