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Ukraine: les observateurs de l'OSCE libérés, les combats continuent

Le premier ministre ukrainien Arseniy Yatsenyuk à l'aéroport de Kiev accueillant les observateurs de l'OSCE

Le premier ministre ukrainien Arseniy Yatsenyuk à l'aéroport de Kiev accueillant les observateurs de l'OSCE - -

Si les observateurs de l'OSCE retenus par des rebelles séparatistes de Slaviansk ont été libérés samedi, la situation en Ukraine continue de se dégrader.

"Un profond soulagement". Les observateurs de l'OSCE retenus par des rebelles séparatistes de Slaviansk, à l'est de l'Ukraine, ont été libérés samedi.

Pourtant, la situation dans le pays ne cesse de s'envenimer. Depuis vendredi Slaviansk et la ville voisine de Kramatorsk font l'objet d'une "opération antiterroriste" de la part de l'armée ukrainienne. Et du côté diplomatique, les Occidentaux et la Russie continuent de s'accuser mutuellement de la dégradation de la situation en Ukraine. Retour sur les événements de la journée.

> Libération des observateurs de l'OSCE

"Nous sommes heureux, c'est un profond soulagement", a déclaré l'un des sept inspecteurs étrangers, le colonel allemand Axel Schneider, sur la route de Donetsk, avant d'arriver dans la soirée à Berlin.

L'appareil du gouvernement allemand transportant les sept observateurs étrangers - quatre Allemands, un Danois, un Tchèque, un Polonais - a atterri peu avant 21h sur le secteur militaire de l'aéroport de Tegel.

Les observateurs et leurs accompagnateurs ukrainiens sont restés huit jours prisonniers des rebelles séparatistes pro-russes de Slaviansk, qui les ont présentés tour à tour comme des "prisonniers de guerre" et des "invités" tout en rejetant le terme d'"otages".

Ils semblent devoir leur libération avant tout à l'intervention de l'émissaire russe Vladimir Loukine, qui l'a justifiée par des "motifs humanitaires".

> Une libération saluée par l'ONU, l'UE et les Etats-Unis

La libération des observateurs a été saluée par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et par plusieurs capitales européennes.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry s'est lui aussi déclaré "évidemment très satisfait" de la libération des inspecteurs, mais a appelé à "d'autres avancées pour pouvoir faire baisser la tension" dans le pays.

"Il est important que la Russie retire son soutien aux séparatistes et qu'elle contribue à faire sortir ces gens" des bâtiments qu'ils occupent dans l'est de l'Ukraine, a-t-il déclaré depuis Kinshasa après une conversation avec son homologue russe Sergueï Lavrov.

La Russie commettrait une "erreur historique" en continuant de déstabiliser l'Ukraine, a renchéri le secrétaire général de l'Otan, le Danois Anders Fogh Rasmussen.

Mais le chef de la diplomatie russe leur a aussitôt renvoyé la balle: "Le régime de Kiev a déclaré la guerre à son propre peuple", a martelé Sergueï Lavrov dans un communiqué.

> Des combats toujours violents à l'Est

La veille l'attaque de Slaviansk et Kramatorsk s'était déjà soldée par la mort de cinq soldats ukrainiens, selon le chef des opérations antiterroristes Vassil Kroutov. Côté rebelles, un bilan faisait état de cinq morts, trois rebelles et deux civils.

Les affrontements se sont poursuivis samedi. Des journalistes de l'AFP ont assisté à l'attaque d'un check-point rebelle par une colonne de blindés près de la ville. Un homme a été tué au cours de l'échange de tirs.

A Kramatorsk, à 17 km de Slaviansk, le siège des services de sécurité a été repris par les forces régulières, a indiqué le gouvernement. L'armée avait déjà repris tôt samedi le contrôle de la tour de télévision auparavant sous le contrôle des rebelles.

Plus tard dans la soirée, des insurgés armés pro-russes ont donné l'assaut contre une unité militaire et un point de recrutement à Lougansk (est de l'Ukraine) blessant deux soldats, a indiqué la branche locale du ministère de l'Intérieur.

> Deuil national après les les violences d'Odessa

Vendredi a été la pire journée de violences pour l'Ukraine depuis le 21 février, lorsque les forces de l'ordre avaient ouvert le feu sur les manifestants pro-européens du Maïdan à Kiev, tuant plusieurs dizaines de personnes.

Au moins une cinquantaine de personnes sont mortes, dont 42 dans un incendie et dans de violents affrontements entre pro-russes et pro-unité de l'Ukraine à Odessa.

Ce drame a provoqué une vive émotion internationale: la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a demandé samedi la mise en place d'une enquête indépendante afin d'identifier les responsables des violences.

Le président ukrainien Olexandre Tourtchinov a décrété un deuil national de deux jours (samedi et dimanche).

A Odessa même, une foule d'environ 2.000 à 3.000 personnes, en majorité des militants pro-russes, s'est rassemblée samedi pour prier, chanter et déposer des fleurs devant le bâtiment brûlé, qui était gardé par plusieurs centaines de policiers en tenue anti-émeute.

La tension a continué à monter dans d'autres villes d'Ukraine samedi.

M.G. avec AFP