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Ukraine: l'Europe se réunit pour trouver des solutions

Angela Merkel, François Hollande, David Cameron et les 25 autres dirigeants de l'UE se retrouveront ensuite entre eux pour "débattre de la situation en Ukraine.

Angela Merkel, François Hollande, David Cameron et les 25 autres dirigeants de l'UE se retrouveront ensuite entre eux pour "débattre de la situation en Ukraine. - -

Les dirigeants européens se réunissent jeudi à Bruxelles pour un sommet extraordinaire de crise consacré à l'Ukraine. Il débutera par une rencontre avec le nouveau Premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk.

Il n'est pas encore l'heure des sanctions. Les dirigeants européens se réunissent jeudi à Bruxelles pour un sommet extraordinaire consacré aux moyens d'aider l'Ukraine et de répondre à "l'agression" russe en Crimée. Décidé dans l'urgence lundi, ce sommet de crise débutera à 11h30 (10h30 GMT) par une rencontre avec le nouveau Premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk.

Angela Merkel, François Hollande, David Cameron et les 25 autres dirigeants de l'UE se retrouveront ensuite entre eux pour "débattre de la situation en Ukraine et de la réaction de l'UE", a précisé le Conseil européen.

La réunion, qui devrait prendre fin en milieu d'après-midi, a été décidée alors que la crise ukrainienne, après un bain de sang et la fuite en Russie du président Viktor Ianoukovitch, s'est transformée en confrontation inédite entre Moscou et les Occidentaux depuis la fin de la Guerre froide. La Crimée, péninsule russophone du sud de l'ex-république soviétique, est contrôlée de facto depuis le 28 février par des soldats armés en uniformes identifiés par la population et les journalistes sur place comme appartenant aux forces russes.

Pas de sanctions prévues

Tandis que Moscou dément son implication et parle de groupes "d'autodéfense" organisées par une population majoritairement d'origine russe menacée par les nouvelles autorités pro-européennes de Kiev, Barack Obama et David Cameron ont dénoncé une situation "inacceptable". Le président américain et le Premier ministre britannique ont "exprimé leur grave préoccupation vis-à-vis des violations évidentes par la Russie de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine".

Au sommet de Bruxelles, "la logique est celle d'une sortie de crise, pas de sanctions", a insisté l'entourage de François Hollande. "Aucune décision sur des sanctions contre la Russie n'est prévue", a-t-on précisé. Mais "la menace demeure", et elle "doit être crédible". "Le problème est de trouver un dosage entre les efforts de médiation et les sanctions", a-t-on insisté.

Il y a en effet un grand nombre de sensibilités au sein de l'UE. L'Allemagne et l'Italie ont ainsi manifesté beaucoup de réticences à boycotter les préparatifs du G8 prévu en juin à Sotchi. La chancelière allemande Angela Merkel s'est d'ailleurs entretenue mercredi par téléphone avec Vladimir Poutine et les deux dirigeants ont discuté des "scénarios" pouvant permettre une "normalisation" de la situation, selon le Kremlin.

A Paris, une tentative de réunir à Paris les chefs de la diplomatie russe et ukrainienne, Sergueï Lavrov et Andrii Dechtchitsa, n'a pas abouti mercredi soir.

A la recherche d'une "issue pacifique"

Après plusieurs jours de propos acerbes du côté russe et américain, Sergueï Lavrov a en revanche rencontré le secrétaire d'Etat américain John Kerry et les deux hommes ont simplement convenu de poursuivre le dialogue.

Les Européens ont jusqu'à présent cherché à ne pas mettre de l'huile sur le feu. Ils ont "fermement condamné" les actes "d'agression des forces armées russes" en Crimée, tout en insistant sur la nécessité d'un "dialogue constructif" pour "une issue pacifique" à la crise.

Signe de la tension persistante, l'envoyé spécial de l'ONU en Crimée, Robert Serry, a finalement dû retourner sous escorte à l'aéroport après avoir été retenu mercredi par des hommes armés à Simféropol, la capitale de cette région stratégique pour Moscou. "J'espère que cet incident va rappeler à tout le monde à quel point la situation est devenue dangereuse en Crimée", a-t-il noté.

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit tenir jeudi après-midi de nouvelles consultations à huis clos sur la crise ukrainienne, les quatrièmes sur ce dossier depuis vendredi.

L. B. avec AFP