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Les femmes "moins intelligentes" que les hommes: les sanctions contre l'ex-eurodéputé annulées

Janusz Korwin-Mikke, ancien député européen polonais, en 2015

Janusz Korwin-Mikke, ancien député européen polonais, en 2015 - Janek Skarzynski-AFP

Cet ancien député européen avait estimé qu'il était "évident" que les femmes gagnent moins que les hommes, en raison, avait-il ajouté, de leur faiblesse et de leur manque d'intelligence. Il avait été sanctionné par le Parlement européen.

Il avait déclaré que les femmes étaient "plus faibles, plus petites et moins intelligentes" que les hommes. Les sanctions contre Janusz Korwin-Mikke, l'ancien député européen d'extrême droite -il a démissionné de son mandat en février dernier- qui s'était illustré en pleine session à Strasbourg par des propos sexistes ont été annulées.

La Cour de justice de l'Union européenne a estimé que malgré "le caractère particulièrement choquant" des propos de Janusz Korwin-Mikke, "en l’absence de trouble de la séance ou de perturbation des travaux du Parlement, les dispositions pertinentes du règlement intérieur du Parlement ne permettaient pas de sanctionner un eurodéputé en raison de propos tenus dans le cadre de ses fonctions parlementaires", a-t-elle tranché dans son jugement du 31 mai.

"Elles doivent gagner moins, c'est tout"

En 2016, cette figure controversée de la politique polonaise avait affirmé lors d'une lors d'une séance plénière consacrée aux inégalités salariales entre les sexes:

"C'est évident que les femmes doivent gagner moins que les hommes parce qu'elles sont plus faibles, plus petites et moins intelligentes. Elles doivent gagner moins, c'est tout."

Privé du droit de représenter le Parlement

Il avait également estimé que la politique migratoire de l'Union était "ridicule", affirmant que "l'Europe est inondée de déchets humains". Pour ces propos, le président du Parlement européen, Antonio Tajani, avait lancé une procédure, estimant que les élus devaient s'abstenir de "langage ou comportement diffamatoire, raciste ou xénophobe".

"Je ne tolérerai pas un tel comportement, en particulier lorsqu'il vient de quelqu'un qui est censé s'acquitter dignement de ses fonctions de représentant des peuples d'Europe (…) En offensant toutes les femmes, il a fait preuve de mépris pour nos valeurs les plus fondamentales", avait déclaré Antonio Tajani.

Janusz Korwin-Mikke avait perdu son indemnité journalière pendant dix et trente jours, pour les deux propos controversés, et écopé d'une interdiction temporaire de participer à toutes les activités parlementaires d'une durée de cinq et dix jours. Antonio Tajani l'avait également privé du droit de représenter le Parlement pour un an.

Pas de dédommagement

L'homme est un habitué des propos et attitudes polémiques. En 2015, il avait exécuté un salut nazi en plein Parlement. Après une minute de silence en hommage aux victimes de l'attentat contre Charlie Hebdo, il avait brandi son ordinateur sur lequel était écrit "Je ne suis pas Charlie, je suis pour la peine de mort". L'année d'après, il avait comparé "l'arrivée massive d'immigrants en Europe" à "un déversement d'excréments".

En réaction aux sanctions de l'institution, le député avait déposé plainte. La Cour de justice a estimé que la liberté d'expression des députés européens devait être protégée. En revanche, elle a rejeté ses demandes de dédommagement, rapporte Euractiv.

Céline Hussonnois-Alaya