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Les banques françaises, parmi les pires d'Europe

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Frais obscurs, chers et incompréhensibles... la Commission européenne épingle les banques françaises, mauvaises élèves en Europe et dénonce notamment leur manque de transparence.

Dans un rapport publié mardi 22 septembre, la Commission européenne critique vivement les pratiques des banques européennes en matière de frais bancaires. Et la France arrive en tête, parmi les plus mauvais élèves, l'enquête ayant porté sur 224 banques de l'Union européenne, représentant 81% du marché.

Des frais obscurs, chers, incompréhensibles...

Parmi les reproches de Bruxelles à l'encontre des établissements français : des frais bancaires obscurs, chers et peu compréhensibles pour les consommateurs. Epinglés également, les frais bancaires : la gestion d'un compte courant revient à 154 euros en moyenne, ce qui place les Français au 3ème rang européen des banques les plus chères en la matière, derrière l'Italie ou l'Espagne. Pour exemple, la Belgique facture cette gestion 58 euros. « Difficile de justifier de tels écarts », explique le rapporteur du texte.

« Un véritable désaveu du discours des banques »

Des chiffres qui étonnent la Fédération bancaire française. Mais pour Serge Maître, secrétaire général de l'Association Française des Usagers de Banques (AFUB), « l'intervention de Bruxelles est un véritable désaveu du discours des banques, qui depuis 10 ans nous racontent que nous, consommateurs, ne payons pas plus cher que la moyenne des autres pays européens. C'est faux. Bruxelles en fait la démonstration. Les banques françaises ont menti et trompé les consommateurs dans leur discours. »

« C'est aux pouvoirs publics d'intervenir »

L'AFUB reste cependant sceptique quant à l'impact de ce rapport sur les pratiques des banques françaises, comme l'explique Serge Maître : « les banquiers ont fait déjà dans le passé capacité de grande surdité. La solution pour que les tarifs deviennent plus cohérents et transparents, passe par une stimulation de la concurrence. Concrètement, il faut que les établissements arrivent au point où ils vont rivaliser. On n'en est pas du tout là. On a le sentiment qu'ils s'entendent tous pour tondre les moutons que nous sommes, nous consommateurs. C'est aux pouvoirs publics d'intervenir, par un geste fort, pour relayer l'intervention de Bruxelles. »

Reste que si Bruxelles juge ces pratiques inacceptables, elle ne formule pour l'heure aucune menace. La Commission veut en revanche sommer les pouvoirs publics de prendre des mesures concrètes. L'entourage de Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, ne fait pour l'instant qu'assurer que « le gouvernement est très attentif au sujet des frais bancaires ».

La rédaction, avec Nicolas Marsan