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Le mouvement Pegida s'étend en Allemagne, en Norvège et en Suisse

Le mouvement anti-islam Pegida, lundi 12 janvier, manifestait à la porte de Brandebourg. Au premier plan le drapeau de la "résistance" allemande.

Le mouvement anti-islam Pegida, lundi 12 janvier, manifestait à la porte de Brandebourg. Au premier plan le drapeau de la "résistance" allemande. - Tobias Schwarz - AFP

Le mouvement anti-islam Pegida reste très actif en Allemagne, où plus de 25.000 manifestants se sont rassemblés lundi, à Dresde. Pegida fait aussi des émules en Norvège et en Suisse. Mais les contre-manifestations s'organisent: lundi,  plus de 100.000 personnes ont défilé en Allemagne pour prôner la tolérance.

Le mouvement anti-islam Pegida a réuni plus de 25.000 manifestants lundi à Dresde, dans l'est de l'Allemagne. Un record. Toutefois, les contre-manifestants, appuyés par Angela Merkel, étaient plus de 100.000 à travers le pays. En Europe, la confrontation entre pro et anti Pegida ("Patriotes européens contre l'islamisation de l'Occident") s'organise et gagne désormais des pays comme la Suisse et la Norvège.

Merkel en première ligne contre le mouvement anti-islam

La chancelière allemande a annoncé lundi qu'elle serait présente au côté du président Joachim Gauck à une commémoration silencieuse des organisations musulmanes allemandes mardi soir à la Porte de Brandebourg, au coeur de Berlin, dès 18 heures. 

"L'islam appartient à l'Allemagne", a insisté Angela Merkel, réitérant des propos déjà tenus par les plus hauts dirigeants allemands dans le passé et invitant à éviter l'amalgame avec les islamistes. "Nous allons envoyer un signal très fort demain (mardi) (...) pour la cohabitation paisible des différentes religions en Allemagne", a-t-elle encore déclaré.

25.000 manifestants à Dresde contre "une islamisation de l'Allemagne"

Dans la soirée, plus de 25.000 manifestants se sont rassemblés à Dresde, pour la douzième fois depuis octobre, pour dénoncer ce qu'ils voient comme une islamisation de l'Allemagne. Depuis octobre, le mouvement anti-islam Pegida mobilise chaque lundi contre la religion musulmane et les demandeurs d'asile. Avec un succès croissant: 500 personnes pour le premier défilé le 20 octobre, 10.000 début décembre, 18.000 lundi dernier, et 25.000 ce lundi, chiffre record jusqu'ici.

Après une minute de silence observée en hommage aux victimes françaises des frères Kouachi et d'Amedy Coulibaly, l'une des fondatrices de Pegida, Kathrin Oertel, a raillé au micro les critiques adressées au mouvement par "la caste politique et les médias". "Avez-vous senti qu'il y avait une liberté de parole?", a-t-elle lancé. "Non!", a hurlé la foule.

Pegida fait des émules en Norvège

Ailleurs en Europe, près de 200 personnes ont défilé contre l'islam lundi à Oslo à l'appel de Pegida. L'objectif est "d'attirer l'attention sur le fait qu'on de gros défis, de gros problèmes liés à l'immigration musulmane en Norvège sous influence de l'islam", a déclaré Max Hermansen, un professeur de lycée à l'origine de la marche, l'une des toutes premières hors d'Allemagne. Il reproche aux musulmans des pratiques culturelles (excision, mariage forcé, oppression des homosexuels) contraires aux "valeurs humanistes", d'être surreprésentés dans les statistiques de la délinquance et de la criminalité, et d'être "une catastrophe économique à terme pour la Norvège".

Il a refusé tout commentaire sur une possible association de son mouvement avec l'extrémiste de droite Anders Behring Breivik. Le 22 juillet 2011, Breivik avait tué 77 personnes dans le pays scandinave, disant être engagé dans une croisade contre le multiculturalisme et l'"invasion musulmane". Il purge une peine de 21 ans de prison susceptible d'être prolongée.

Une poignée de contre-manifestants de SOS Racisme, réunis derrière une banderole "La société contre la haine des musulmans", les a interpellés au cri de "Pas de racistes dans nos rues".

En Suisse et en Autriche aussi

A Vienne, un premier défilé Pegida est prévu fin janvier, suivi le 16 février par une manifestation identique en Suisse. Pegida Suisse avance masqué, son comité composé d'une douzaine de personnes, est anonyme et seul son "porte-parole" est nommément connu. Il s'agit d'Ignaz Bearth, actuel président du Parti suisse de la démocratie directe (Die Direktdemokratische Partei Schweiz), un petit parti qui entretient des liens avec le Front National français, le mouvement de Marine Le Pen. Il était anciennement membre du Parti nationaliste suisse (PNOS), un mouvement d'extrême droite. Il reprend aussi des thèmes chers à l'UDC, le parti de la droite populiste, comme une mise en vigueur stricte de l'initiative contre l'immigration de masse votée par les Suisses en février dernier, le renvoi des criminels étrangers ou encore le refus des décisions de la Cour européenne des droits de l'homme.

D. N. avec AFP