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La Hongrie érige un mur pour empêcher les migrants d'entrer

Face à l'affluence grandissante du nombre de migrants, la Hongrie a opté pour une solution radicale: la construction d’une clôture de quatre mètres de haut qui sera progressivement érigée le long des 175 km qui séparent le pays de la Serbie. Les travaux ont débuté mi-juillet.

L'afflux de migrants risquant leur vie pour venir en Europe ne cesse de faire l'actualité depuis plusieurs semaines. Le tout alors que leur nombre explose en même temps que les conflits et les crises au Moyen-Orient et en Afrique. Après des traversées périlleuses de la Méditerranée, ils découvrent des situations tendues à leur arrivée, en Grèce notamment. En France, les autorités font face à un casse-tête à Vintimille, Paris ou encore Calais. Dans ce contexte, les ministres de l'Intérieur français et britannique ont affiché dimanche leur unité pour trouver une solution.

Une entente que ne connaissent pas la Hongrie et la Serbie, dont la frontière commune est un autre point d'entrée pour les migrants en Europe. Les autorités hongroises ont en effet enregistré plus de 80.000 demandeurs d'asile depuis le début de 2015, contre 43.000 sur l'ensemble de l'année 2014.

La barrière achevée fin août

Pour juguler le phénomène, le gouvernement hongrois ne fait pas dans la dentelle et a ordonné mi-juin la fermeture de sa frontière avec le pays voisin et l'érection d'une clôture de quatre mètres de haut le long des 175 km qui séparent le pays de la Serbie. Celle-ci a beau susciter les réticences de la Commission européenne et choquer Belgrade, Budapest a annoncé que la réalisation de ce projet dans son intégralité serait achevée fin août.

"L’immigration illégale est liée au terrorisme et entraîne un accroissement de la criminalité, dont les viols, et du chômage. L’Europe doit rester aux Européens", assurait fin juillet Viktor Orban. Le Premier ministre conservateur, au pouvoir depuis 2010, mène une politique de plus en plus autoritaire. En avril, il a, par exemple, mené une consultation nationale sur "le terrorisme et l'immigration. Le Parlement hongrois a récemment durci les conditions d’octroi de l’asile et autorisé le maintien des migrants dans des camps provisoires.

Une cinquantaine de murs à travers le monde

La Hongrie n'est pas le premier pays à céder à la tentation d'un mur pour empêcher l'immigration illégale. Sur le continent africain, les enclaves espagnoles de Melilla et Ceuta comptent parmi les principaux points d'entrée de migrants en Europe. Barricadées derrière des clôtures de six mètres de haut, elles subissent régulièrement des assauts groupés de migrants.

Les Etats-Unis font de même avec la barrière érigée le long de la frontière mexicaine. En Bulgarie, depuis l’été dernier, un mur "anti-migrant" borde la frontière avec la Turquie, et Sofia est en train de le prolonger d’une centaine de kilomètres. En tout, une cinquantaine de murs de séparations existent à travers le monde. Et une dizaine sont en projet.

K. L.