BFMTV

Un mannequin proteste en silence contre Gucci lors d'un défilé de la marque inspiré des camisoles de force

-

- - -

Le mannequin non-binaire Ayesha Tan-Jones a alerté le monde de la mode sur la santé mentale, alors que Gucci proposait, dimanche, des vêtements inspirés par les camisoles de force lors de la Fashion Week de Milan.

L'avant-dernière journée de la Fashion Week de Milan, dimanche, s'est terminée sur un acte de rébellion surprenant. En fin de journée, au moment où le créateur Alessandro Michele proposait pour Gucci des vêtements évoquant des camisoles de force, Ayesha Tan-Jones a défilé avec la phrase "La santé mentale n'est pas une mode", écrite au feutre sur la paume de ses mains. 

Le mannequin non-binaire a qualifié cette action de "manifestation pacifique" sur Instagram, ce lundi, avant d'ajouter que "cet acte de courage n'est qu'un simple geste comparé au courage que les personnes avec des problèmes de santé mentale montrent tous les jours". 

"En tant qu'artiste et mannequin qui s'est battu avec ses propres problèmes de santé mentale, et connaissant des membres de ma famille qui ont fait face à la dépression, l'anxiété, la bipolarité et la schizophrénie, il est blessant et indélicat pour une grande maison de mode comme Gucci d'utiliser l'univers de la santé mentale comme d'un concept pour un moment de mode éphémère", a poursuivi Ayesha Tan-Jones dans un autre post Instagram. 

"Ces vêtements se veulent les vecteurs d’un message"

Sur Instagram, toujours, Gucci s'est défendu en affirmant que "les uniformes, les vêtements de travail et les camisoles de force ont été inclus dans le défilé comme une version extrême de l'uniforme dictée par la société et ceux qui la contrôle. Ces vêtements se veulent les vecteurs d’un message dans le cadre de ce défilé, et ne seront pas commercialisés"

"Alessandro Michele a créé ces vêtements neutres stylistiquement pour représenter comment à travers la mode, le pouvoir prend le dessus sur la vie pour éliminer l'expression de soi. Ce pouvoir prescrit les normes sociales, classifiant et réfrénant l'identité", a expliqué la marque. 
Clément Boutin