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Le geste d'un cardinal envers les pauvres à Rome vire à la polémique

Le Vatican (photo d'illustration)

Le Vatican (photo d'illustration) - AFP

Un cardinal a rétabli l'électricité dans un immeuble où vivent 150 familles ce week-end. Son geste a provoqué la colère du ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini.

"J'assume les conséquences", a lancé le cardinal polonais Konrad Krajewski, après avoir brisé ce week-end les scellés posés par la police et rétabli l'électricité dans cet immeuble abritant quelque 150 familles. Depuis, le geste de ce cardinal, aumônier du pape François, envers des pauvres qui squattent un immeuble à Rome, a viré à la polémique.

Si le coordinateur des activités de ce squat, Andrea Alzetta, a salué "un acte d'une grande humanité et d'un grand courage", ce geste de charité chrétienne n'est pas passé inaperçu de Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur et chef de la Ligue, en pleine campagne électorale avant les élections européennes du 26 mai.

"Je ne commente pas les décisions des cardinaux, je dis seulement que si le Vatican peut aider tous les Italiens qui ne parviennent pas à payer l'électricité, le gaz ou l'eau, beaucoup de gens qui n'occupent pas illégalement des maisons ou des immeubles en seraient très heureux", a-t-il déclaré lundi.

Des critiques régulières envers le Vatican

Les factures impayées dans cet immeuble du centre de Rome, où l'électricité a été coupée le 6 mai, s'élèvent à environ 300.000 euros. De quoi faire bondir le patron de la Ligue, en campagne dans ses terres du nord lundi soir, où il s'est étonné du geste de Mgr Krajewski, surnommé le "Robin des Bois du Vatican", mais sans toutefois le nommer.

"Nous vivons une époque étrange, si tu occupes un immeuble, on te paie ton électricité, mais si tu es un artisan personne ne vient t'aider à payer ton loyer", a-t-il lancé à Vérone, dans nord-est du pays.

Ce n'est pas la première fois que Matteo Salvini, qui est aussi vice-Premier ministre, s'en prend ainsi au Vatican ou à ses responsables. Très souvent critique du pape François qui ne cesse de réclamer qu'on tende la main aux migrants, il n'a jamais été reçu en audience au Vatican.

Benjamin Rieth avec AFP