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Ecroulement du viaduc à Gênes: comment ces types d'ouvrages sont contrôlés

Une portion d'un viaduc autoroutier s'est effondrée à Gênes.

Une portion d'un viaduc autoroutier s'est effondrée à Gênes. - Valery HACHE / AFP

Au moins 30 personnes ont perdu la vie ce mardi à Gênes, en Italie, après l'écroulement d'une portion d'un pont autoroutier. Les ponts à haubans, comme celui-ci, nécessitent des opérations de maintenance particulières.

Ce mardi, le viaduc autoroutier Morandi à Gênes, en Italie, s'est partiellement effondré, précipitant dans une cinquantaine de mètres de vide de nombreux automobilistes. Selon l'estimation du ministre de l'Intérieur, Matteo Salvini, au moins 30 personnes sont mortes dans ce drame. "Ces sociétés de maintenance doivent mettre en œuvre tout ce qui peut déceler la moindre défaillance de l’infrastructure", a énoncé Gérard Feldzer, notre consultant transports sur notre antenne.

"Ce ne sont pas forcément les concepteurs qui sont à la manœuvre (…) mais surtout une anticipation par les sociétés et les gens chargés de la maintenance de ces infrastructures. On ferme un pont tous les jours en France, et probablement en Italie, c’est le prix à payer pour des maintenances rigoureuses. Il faut mettre les moyens tout simplement pour faire en sorte que ça n’arrive plus", a-t-il poursuivi. 

Mais comment contrer les risques d'un tel écroulement à travers les opérations de maintenance? "Ça dépend beaucoup du système de pont concerné. A Gênes, on a affaire à un pont à haubans", répond Adrien Joly, chef de projet dans une grande ingénierie française. Un pont à haubans est une structure dont l'équilibre tient à des câbles tendus obliquement vers la chaussée. "Et c'est cela qu'il va falloir vérifier", explique notre interlocuteur. Il s'agira alors de jauger la force de chacun des câbles. 

Une pluralité de facteurs

Plusieurs facteurs peuvent mettre en danger la sûreté d'un pareil pont. Tout d'abord, il faut se méfier des effets du temps, qui peuvent jouer sur la tension des câbles mais aussi de ce que l'on appelle les "effets de fatigue", c'est-à-dire que les sollicitations fréquentes des câbles, dues notamment au trafic, peuvent altérer la structure et ouvrir une possibilité de rupture de hauban. Adrien Joly observe qu'outre la tension et la composition des haubans, il convient de se pencher sur les ancrages des haubans. Ceux-ci sont "exposés à des phénomènes climatiques, et il faut en examiner l'étanchéité pour d'éventuelles infiltrations d'eau, regarder une possible corrosion", détaille le chef de projet. 

Cependant, même dans le cas d'une faillite d'une partie du matériel, la conception de ce type d'ouvrages doit en principe inclure des garde-fous pour empêcher la survenue d'une tragédie avant la salutaire opération de réparation ou de maintenance. "Les calculs initiaux doivent prendre en compte la perte d'un de ses éléments, dans un scénario catastrophe et doivent établir qu'on puisse conserver un fonctionnement normal de l'infrastructure malgré tout durant un temps raisonnable", note Adrien Joly.

Quant à la périodicité des vérifications auxquelles il faut régulièrement procéder sur les ponts à hauban, elle est, sur les ouvrages classiques, d'un contrôle par an, ou a minima tous les deux ans. 
Robin Verner