BFMTV

Reportage dans cette Grèce qui s'apprête à voter pour Syriza

A 28 ans, Théodoris Katopodis sera peut-être élu député dimanche.

A 28 ans, Théodoris Katopodis sera peut-être élu député dimanche. - BFMTV

Le président du parti de gauche radicale Syriza est le favori des élections législatives, dimanche en Grèce. Son discours anti-austérité a su séduire les franges les plus modestes de la populations, qui n'arrivent plus à joindre les deux bouts. BFMTV est allé à leur rencontre.

A deux jours du scrutin en Grèce, plus rien ne semble arrêter Syriza. Alexis Tsipras, leader du parti de gauche radicale grec, a toutes les chances de devenir dimanche le premier chef d'un gouvernement européen ouvertement anti-austérité. Dans un pays qui compte désormais 25% de chômeurs, 30% de pauvres et une dette publique qui a explosé, son discours a su séduire des Grecs qui n'auraient jamais voté pour la gauche radicale auparavant. BFMTV est allé à leur rencontre.

"Syriza c’est un nouveau modèle"

Athènes, Giorgos Tirovolas travaille comme archiviste et doit subvenir aux besoins de la famille avec ses 850 euros de salaire par mois. Sa compagne Katerina Kidonaki est infirmière. Elle a tout essayé pour retrouver un emploi, mais pointe au chômage depuis quatre ans.

"Ces trois derniers mois j’ai envoyé des CV partout, dans des magasins de vêtements, dans des boulangeries, dans des cafés, partout. Il n’y a pas un endroit où je n’ai pas postulé mais il n’y a rien, absolument rien", raconte-elle.

Ce couple de la classe moyenne n'a plus les moyens de payer leur loyer et doit vivre dans un appartement prêté par leur famille. En colère contre le gouvernement conservateur, cette famille paupérisée par la crise votera Syriza pour les législatives dimanche.

"Jamais on n'aurait imaginé voter pour Syriza, mais on n'aurait jamais imaginé non plus que nos hommes politiques conduiraient la Grèce à ce niveau économique", avance Giorgos. "Syriza est un nouveau modèle qu’on n'a jamais essayé. Tous les autres, qu’on a testé jusqu’à aujourd’hui, ça a raté", abonde Katerina Kidonaki.

"On va mettre un terme à cette crise humanitaire"

A 28 ans, Théodoris Katopodis sera peut-être élu député dimanche. Il y a encore un an, cet ingénieur travaillait en Suisse où il s'était s’expatrié pour trouver un emploi, comme 10% des diplômés grecs.

"Dans notre programme, il y a la hausse du salaire minimum, avec un vrai cadre démocratique qui protégera les salariés contre les licenciements abusifs. Ils ne vivront plus dans la précarité. On va mettre un terme à cette crise humanitaire et créer 300.000 emplois pour les chômeurs de longue durée", assure Théodoris.

Selon les prévisions, après six ans de récession, la croissance atteindra 3% cette année. Une reprise trop tardive pour les Grecs tombés dans la pauvreté comme Nikoleta Karakostas, qui remplit ses placards de nourriture grâce à Syriza. Cette mère au foyer, son mari et leurs deux enfants sont au chômage. Ils n’ont quasiment aucun revenu, aucune aide sociale. Et bientôt peut-être, plus de toit.

"On a peur pour notre appartement car on l’a acheté à crédit, quand mon mari travaillait dans le bâtiment. Maintenant on ne peut plus rembourser le prêt. On a peur qu’ils nous le prennent et qu’on se retrouve à la rue", craint Nikoleta.

Elle va voter Syriza pour retrouver une vie ordinaire. En cas de victoire du parti d'extrême gauche, la Grèce deviendrait en Europe le laboratoire d’une nouvelle politique anti-austérité.
K. L avec Fabrice Babin et Guillaume Couderc