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Réparations de guerre à la Grèce: le président allemand y est favorable

La Grèce estime à 278,8 milliards de dollars les réparations de guerre dues par l'Allemagne.

La Grèce estime à 278,8 milliards de dollars les réparations de guerre dues par l'Allemagne. - John Macdougall - AFP

Dans une interview à la presse, le président allemand se prononce en faveur d'une réparation à la Grèce pour ses faits de guerre. Une demande que le Premier ministre grec soutient depuis son arrivée au pouvoir en janvier.

L'affaire empoisonne les relations entre les deux pays. La Grèce réclame en effet depuis de nombreuses années que l'Allemagne rembourse notamment un prêt qu'Athènes avait accordé à Berlin pendant la seconde guerre mondiale.

Mais en pleine crise de la dette grecque, Alexis Tsipras, tout juste élu Premier ministre en janvier a remis le sujet, un peu oublié, sur la table des négociations. Moyen de faire pression sur l'Allemagne, la demande de la Grèce se chiffre à 278,8 milliards de dollars, selon les services du secrétaire d'Etat au budget grec. La somme qui a été réévaluée en avril, englobe le remboursement du prêt forcé et les réparations des crimes de guerre.

"Il est juste d'évaluer les possibilités de réparation"

Dans un entretien au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, le président de la République allemande s'est prononcé pour la première fois en faveur 'un règlement dans ce litige.

"Nous sommes les descendants de ceux qui ont semé la destruction en Europe pendant la seconde Guerre mondiale, y compris en Grèce", dit-il. "Il est juste qu'un pays aussi conscient de son histoire que le nôtre évalue quelles possibilités de réparation il peut y avoir", reconnaît le président.

Si Joachim Gauck fait un premier pas, il n'avance toutefois pas de chiffres. Mais sa déclaration est un changement de fond sur cette affaire. Au printemps dernier, le président de la République assurait en effet que le débat était fermé. "La question juridique est épuisée", affirmait-il. 

Des estimations "stupides" pour le ministre de l'économie

Joachim Gauck suivait jusqu'à présent la même ligne que le gouvernement. Ces derniers mois, les déclarations des membres du gouvernement sur cette affaire avaient toujours été contre ces réparations. Le mois dernier, Sigmar Gabriel le ministre allemand de l'économie avait même qualifié de "stupides" les estimations chiffrées de la Grèce. Pour lui, la question avait été réglée il y a 25 ans. En 1990, la Grèce avait approuvé le traité de Moscou qui scellait l'unification allemande et devait clore le chapitre des réparations. 

L'opposition plaide depuis plusieurs semaines pour que le gouvernement fédéral "coopère" davantage pour régler ce sujet "inconfortable". 

Carole Blanchard