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Grèce

Grèce: il meurt après avoir refusé un pot-de-vin au médecin

Un hôpital fermé à Athènes, en Grèce, le 4 septembre 2013.

Un hôpital fermé à Athènes, en Grèce, le 4 septembre 2013. - -

Une enquête a été ouverte mardi, pour déterminer la responsabilité d'un chef de clinique d'un hôpital d'Athènes dans la mort du patient.

L'histoire se passe dans l'un des plus grands hôpitaux d'Athènes, en Grèce. Un homme cardiaque est mort dimanche après avoir attendu une opération pendant 18 jours, parce qu'il refusait de payer un pot-de-vin au médecin pour accélérer sa prise en charge.

Le chef de clinique a été arrêté la semaine dernière, après avoir été dénoncé par la famille du patient, âgé de 66 ans. Ce dernier était, selon les médias, hospitalisé depuis fin juin dans l'attente d'une intervention cardiaque. Il avait finalement été opéré samedi et est décédé dimanche.

L'enquête ouverte sur initiative du parquet d'Athènes vise à déterminer les causes du décès, et l'impact éventuel sur l'état du patient du retard pris par l'opération.

Une pratique extrêmement répandue

Selon la plainte de la famille, la victime, hospitalisée après un infarctus, s'était vue recommander par les médecins une opération immédiate. Le chef de clinique de l'hôpital Evangelismos, dans le centre d'Athènes, avait alors demandé un dessous-de-table de 1.500 euros pour programmer l'intervention.

Devant le refus du patient, des négociations s'étaient engagées et le médecin avait accepté de ramener la somme à 500 euros. L'argent a été versé par la famille du patient, qui avait préalablement alerté la police. Le chirurgien a ensuite été interpellé avec plusieurs sommes d'argent liquide sur lui.

"Pour les patients présentant ce type de pathologie, plus tôt intervient ce type d'opération, mieux c'est", a témoigné auprès de la presse, Nikos Karakoukis, médecin légiste ayant pratiqué l'autopsie. Cette pratique de "l'enveloppe" (dite "Fakelaki" en grec) est extrêmement répandue au sein des établissements de santé grecs.

Depuis que la Grèce est en proie à la crise économique et sociale, quelques initiatives citoyennes ont vu le jour pour tenter d'endiguer ce phénomène, comme le site "J'ai donné une enveloppe" où les particuliers peuvent dénoncer les chantages aux pots-de-vin, mais aussi faire part de leurs remords pour avoir demandé de l'argent en échange d'un service.

A. K. avec AFP