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Ex-espion russe empoisonné: l'UE prépare un "message clair"

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, le 14 mars 2018

Le président du Conseil européen, Donald Tusk, le 14 mars 2018 - Martti Kainulainen-Lehtikuva-AFP

L'affaire de l'empoisonnement de l'ex-agent double russe Sergueï Skripal sur le sol britannique a été ajoutée ce vendredi à l'agenda du sommet européen programmé les 22-23 mars à Bruxelles, d'où l'UE compte envoyer un "message clair" selon le président du Conseil européen, Donald Tusk.

Donald Tusk a indiqué ce vendredi soir avoir eu "un entretien téléphonique avec Theresa May pour préparer un message clair de l'UE" au sujet de "l'attaque de Salisbury".

Au menu du sommet européen

Un peu plus tôt, une source européenne avait précisé à l'AFP que le sujet "sera discuté jeudi soir la semaine prochaine" lors du sommet européen réuni à Bruxelles. "On peut attendre des conclusions" écrites à ce propos à l'issue de ce Conseil européen qui réunira les dirigeants des 28, a affirmé cette source.

Londres a provoqué ce vendredi la colère du Kremlin en jugeant "probable" que Vladimir Poutine ait "ordonné" l'empoisonnement de l'ex-espion russe, accentuant la confrontation entre Moscou et des Occidentaux à deux jours de l'élection présidentielle russe.

Londres en veut au "Kremlin de Poutine"

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, a assuré que Londres en voulait au "Kremlin de Poutine" et non à la Russie pour l'empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia le 4 mars à Salisbury, petite ville du sud de l'Angleterre.

"Toute mention ou référence à notre président n'est rien d'autre que choquant et impardonnable en termes d'étiquette diplomatique", a aussitôt répliqué le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

"Un événement de ce type ne peut pas être passé sous silence"

La chancelière allemande, Angela Merkel, a fait savoir ce vendredi qu'il n'était "pas question maintenant d'un boycott de la Coupe du monde de football" en Russie cette année. "Il s'agit d'abord maintenant d'élucider (le crime) et je trouve très bien que le gouvernement britannique mette la substance à disposition" de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques, a estimé la chancelière.

Avant le sommet européen en fin de semaine, cette affaire d'empoisonnement sera aussi au programme d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Bruxelles dès lundi.

"Un événement de ce type dans un État membre ne peut pas être passé sous silence", a commenté une source diplomatique à Bruxelles, jugeant que "la seule explication plausible est celle fournie par Londres" dans cette affaire. "Les sanctions sont compliquées à prendre à 28", a-t-il toutefois ajouté.

Une enquête sur la mort d'un exilé russe

"Nous sommes en train de faire preuve de solidarité, d'attendre des informations du Royaume-Uni, des mesures qu'il prend, de celles qu'il nous demande de prendre", a commenté une autre source diplomatique, estimant qu'il fallait "réagir avec force" mais aussi "donner à la Russie la possibilité de s'expliquer".

Dans une affaire distincte, la police britannique a annoncé ce vendredi l'ouverture d'une enquête pour meurtre sur la mort de l'exilé russe Nikolaï Glouchkov, dont le corps sans vie avait été retrouvé lundi dans son appartement londonien. Elle a toutefois précisé ne pas faire de "lien" avec l'empoisonnement de Sergueï Skripal.

C.H.A. avec AFP