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Un vent de liberté souffle en Espagne avec la levée partielle des restrictions sanitaires

Terrasse de restaurant à Madrid (illustration)

Terrasse de restaurant à Madrid (illustration) - GABRIEL BOUYS / AFP

Depuis ce dimanche, les Espagnols sont de nouveau autorisés à sortir de leur région.

Un vent de liberté s'est levé ce dimanche en Espagne, où les habitants sont enfin autorisés à sortir de leur région pour changer d'air ou retrouver des proches qu'ils n'avaient pas vus depuis des mois. Dans la plupart des régions, la fin de ce régime d'exception à minuit dimanche, c'est-à-dire en toute fin de soirée samedi, a signifié également la levée du couvre-feu comme à Barcelone où cris, applaudissements et musique ont marqué cette liberté retrouvée.

A part à Noël où les restrictions avaient été assouplies durant quelques jours pour permettre les réunions familiales, les Espagnols n'ont pas pu quitter leur région depuis le début de l'état d'urgence fin octobre. Dissuadées par l'explosion des cas ayant suivi Noël, les autorités avaient maintenu les bouclages de régions pour la Semaine sainte, fête familiale fondamentale en Espagne.

Ces bouclages ont été particulièrement mal vécus par les Espagnols, empêchés d'aller voir leur famille dans une autre région alors que le pays restait ouvert aux touristes étrangers.

Un casse-tête juridique

Vent de liberté pour les Espagnols, la levée de l'état d'urgence est en revanche un véritable casse-tête pour les régions, compétentes en matière de gestion de la crise sanitaire. Car, depuis octobre, elles avaient pu imposer des couvre-feux et bloquer l'entrée ou la sortie de leur territoire sans avoir besoin de l'autorisation de la justice, grâce à la limitation des libertés fondamentales permise par ce régime d'exception.

Si elle est synonyme de levée du couvre-feu et d'ouverture des régions, la fin de l'état d'urgence ne signifie toutefois pas la fin des restrictions dans l'un des pays les plus touchés en Europe par la pandémie avec près de 79.000 morts et 3,5 millions de cas.

Les 17 communautés autonomes peuvent, par exemple, toujours limiter les horaires ou la capacité d'accueil des bars, des restaurants ou des commerces. Elles peuvent aussi demander le rétablissement d'un couvre-feu ou le bouclage de leur territoire mais ont désormais besoin pour cela de l'aval d'un tribunal.

Mise en garde des autorités

Alors que la météo est clémente, les autorités ont mis en garde la population, fatiguée par plus d'un an de restrictions, contre le risque d'un relâchement excessif.

Il faut éviter d'avoir "une fausse perception (...) Cela ne veut pas dire la fin des mesures de contrôle" de l'épidémie, a insisté jeudi l'épidémiologiste en chef du ministère de la Santé, Fernando Simon.

"Les gens doivent comprendre qu'ils doivent continuer à appliquer les mesures qui dépendent de chacun d'entre nous", a-t-il ajouté car "on ne peut rien exclure en terme d'évolution de la pandémie".
Mélanie Rostagnat avec AFP Journaliste BFMTV