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Manuela Carmena, juge "indignée", pourrait être la prochaine maire de Madrid

La candidate du parti antiliéral Podemos pourrait devenir la maire de la capitale espagnole, si elle trouve un accord avec les socialistes. Face à elle, la candidate de droite, Esperanza Aguirre, est connue pour ses propos polémiques.

"Je ne te comprends pas, Esperanza... Qu'après nous avoir fait tant de mal, tu veuilles encore gouverner. Tu as fait un mal terrible à la démocratie", avait attaqué Manuela Carmena, 71 ans, candidate du parti Podemos, proche du mouvement des indignés espagnols, lors d'un débat contre sa rivale conservatrice, Esperanza Aguirre, 63 ans.

C'était lors d'un débat à la télévision régionale en pleine campagne. Moins de deux semaines plus tard, les Madrilènes ont voté et donné 21 sièges à la liste d'Esperanza Aguirre et 20 à celle de Manuela Carmena. Si le Parti socialiste (9 sièges) la soutient, elle sera maire, alors que la candidate de son parti à Barcelone pourrait également l'emporter.

Au programme, division par deux du salaire du maire

Encore récemment, Manuela Carmena était inconnue du grand public et des médias, qui n'ont pas encore pu décortiquer son passé. Elle fait maintenant l'objet d'une véritable ferveur au sein de la gauche madrilène, y compris des sympathisants du Parti socialiste.

Ex-militante communiste, issue d'une famille de commerçants madrilènes, n'avait pas l'intention de se présenter après 45 ans passés à travailler comme avocate puis juge. "Des amis m'ont dit: Allez, file un coup de main, il faut quelqu'un avec de l'expérience, qui amène beaucoup de propositions", a-t-elle raconté.

Et elle est entrée en campagne, en réalisant de petites réunions de quartier au succès si fulgurant que les autres candidats de gauche ont rapidement disparu des radars des médias. Elle propose de lutter contre la corruption, de renforcer les transports en commun, d'aider les plus pauvres, d'ouvrir la gestion de la mairie aux citoyens et de diviser par deux son salaire, de 100.000 à 45.000 euros par an.

La candidate de droite veut que les SDF quittent le centre de Madrid

Face à elle, "Espe", ex-ministre, ex-présidente du Sénat, présidente de la région de Madrid entre 2003 et 2012 et comtesse par mariage, avait quitté la politique en 2012, notamment en raison d'un cancer du sein qu'elle a vaincu.

Représentant l'aile dure du parti, cette admiratrice de Margaret Thatcher était l'assurance d'une campagne vivante, tant son langage est franc et parfois polémique. Esperanza Aguirre a tenu ses promesses, déclarant sans ciller que les SDF devaient quitter le centre de la capitale et que, si elle était élue, ses services ne feraient plus de "zèle" pour encaisser les amendes.

Si les socialistes préfèrent s'allier à Manuela Carmena plutôt que de laisser cette figure controversée accéder à la mairie, Podemos partira en position de force lors des élections législatives, prévues à la fin de l'année.

J.S avec AFP