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Felipe VI: "les Espagnols attendent tout de lui"

Felipe VI, sa femme Letizia et leurs deux filles, Leonor et Sofia.

Felipe VI, sa femme Letizia et leurs deux filles, Leonor et Sofia. - -

Le nouveau roi d'Espagne Felipe VI a prêté serment jeudi, tournant une page de l'histoire du pays lors d'une journée de fête. Il succède à son père Juan Carlos.

Felipe VI, nouveau roi d'Espagne depuis minuit jeudi, a prêté serment au parlement, jurant fidélité à la Constitution espagnole. Plus tôt dans la matinée, il a reçu des mains de son père, Juan Carlos, la ceinture de soie rouge de capitaine général des Armées, coup d'envoi des cérémonies de sa proclamation.

"Je jure de remplir fidèlement mes fonctions, de respecter et faire respecter le Constitution et les lois et de respecter les droits des citoyens et des régions autonomes", a déclaré le nouveau roi, sous les applaudissements nourris des députés et sénateurs réunis au Congrès.

Le nouveau roi a également rendu hommage à son père, dont le "règne exceptionnel devient aujourd'hui partie de notre histoire, avec un héritage exceptionnel".

"Vive le roi et la reine!"

C'est une page de l'histoire de l'Espagne qui se tourne. La mission du nouveau roi est lourde: rajeunir la monarchie et préserver une unité nationale malmenée par le séparatisme catalan.

A 46 ans, Felipe hérite d'une monarchie contestée, selon les sondages, par un Espagnol sur deux, dans un pays miné par la crise économique et le chômage. Lors de son discours de proclamation, le nouveau roi a affirmé sa "foi dans l'unité de l'Espagne". "Nous voulons une Espagne en laquelle tous les citoyens retrouvent la confiance dans ses institutions" et "où toutes les formes de se sentir espagnol ont leur place", a-t-il déclaré.

"Vive le roi et la reine!", criaient des groupes de Madrilènes massés dès le matin sur les balcons et le long des avenues pavoisées du drapeau rouge et or de l'Espagne, acclamant le cortège royal.

"Un grand souffle d'air frais"

Resté populaire face au discrédit qui frappe son père, le nouveau roi devra répondre à de nombreux espoirs qu'il aura sans doute du mal à réaliser. "Aujourd'hui, les Espagnols attendent tout de lui: qu'il trouve une solution pour la Catalogne, pour le chômage, qu'il donne un nouveau visage aux institutions", relevait Cote Villar, journaliste au quotidien El Mundo.

"C'est un grand souffle d'air frais. Mais le risque de déception est très grand", souligne-t-elle.

Madrid, pour accueillir son nouveau roi, s'est parée de milliers de fleurs et de drapeaux espagnols rouge et or, un décor éclipsant les manifestations républicaines qui avaient suivi l'annonce, le 2 juin, de l'abdication de Juan Carlos et les voix, minoritaires, qui réclamaient au Parlement un référendum sur l'avenir de la monarchie.

M. R. avec AFP