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Après Manuela Carmena à Madrid, l'"indignée" Ada Colau élue maire de Barcelone

La militante de gauche Ada Colau a été investie ce samedi maire de Barcelone.

La militante de gauche Ada Colau a été investie ce samedi maire de Barcelone. - Lluis Gene- AFP

La militante de gauche Ada Colau a été investie ce samedi maire de Barcelone, marquant, avec l'élection de Manuela Carmena à Madrid, l'arrivée des "indignés", après des années de crise, à la tête des deux grandes villes d'Espagne.

Cette icône de la lutte contre les expulsions devient aussi, à 41 ans, la première femme à la tête de Barcelone, ville d'1,6 million d'habitants, après reçu 21 voix contre 10 pour le maire conservateur sortant Xavier Trias. Ses partisans ont accueilli les résultats en scandant "Si se puede" (oui c'est possible), le cri de ralliement du mouvement des indignés, né d'un ras-le-bol du chômage record issu de l'explosion de la bulle immobilière en 2008 et de la corruption.

"Merci beaucoup à la société civile pour avoir rendu possible l'impossible", a lancé Ada Colau, la voix tremblante d'émotion. Cofondatrice de l'association PAH de lutte contre les expulsions de familles surendettées, Ada Colau, soutenue par le parti antilibéral Podemos, a été élue avec les voix d'indépendantistes de ERC et des socialistes, qui lui confèrent la majorité absolue. Un élu du petit parti antilibéral CUP s'est également engagé à la soutenir.

Première décision: une baisse de son propre salaire

Comme à Madrid, la droite avait tenté de convaincre, en vain, les socialistes et d'autres partis de former une alliance contre la candidate indignée, accusé de menacer l'ordre établi, pour éviter que Barcelone ne devienne "la capitale des antisystèmes". Ada Colau, devra cependant nouer des alliances pour obtenir une majorité stable au delà de cette séance de prise de fonctions, son conseil municipal étant très divisé, avec sept forces en présence.

Elle entend mettre en oeuvre un plan de choc contre les inégalités à Barcelone, prévoyant d'arrêter les expulsions de logements, de baisser les tarifs de l'énergie et de mettre en place un revenu minimum de 600 euros.

Elle entend également, comme Manuela Carmena à Madrid, réduire son salaire à 2.200 euros par mois contre 140.000 euros annuels que percevait le maire sortant.

la rédaction avec AFP