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Des tombes de soldats allemands profanées en Alsace

DES TOMBES DE SOLDATS ALLEMANDS PROFANÉES DANS L'EST

DES TOMBES DE SOLDATS ALLEMANDS PROFANÉES DANS L'EST - -

STRASBOURG - Quatre-vingt-quinze tombes de soldats allemands ont été "saccagées" dans le cimetière militaire de Guebwiller, annonce la préfecture...

STRASBOURG (Reuters) - Quatre-vingt-quinze tombes de soldats allemands ont été saccagées dans le cimetière militaire de Guebwiller, en Alsace, ce qui a suscité une réaction indignée du président Nicolas Sarkozy.

Selon la préfecture du Haut-Rhin, ces profanations ont été commises dans la nuit de jeudi à vendredi, dans cette nécropole qui accueille principalement des sépultures de combattants de la Première Guerre mondiale.

Les croix blanches ont été arrachées, brisées, et une inscription injurieuse a été retrouvée sur une tombe, précise la préfecture dans un communiqué, photo à l'appui.

Le président français a fait part dans une lettre de sa "profonde indignation" et de sa "grande émotion" à son homologue allemand Horst Köhler.

"A l'heure où nos deux pays ont su, ensemble, bâtir une Europe fondée sur la paix et la réconciliation en surmontant les drames du passé, je condamne avec la plus grande fermeté cet acte révoltant et lâche", écrit-il.

"Au travers de ce geste, c'est la mémoire de l'ensemble des combattants de la Première et de la Seconde Guerres mondiales qui se trouve insultée et auxquels je tiens à faire part de ma solidarité", ajoute Nicolas Sarkozy.

Le chef de l'Etat français a demandé à être informé du déroulement de l'enquête et souhaité que les coupables soient rapidement identifiés, traduits en justice et condamnés "avec toute la sévérité qui s'impose".

Le préfet du Haut-Rhin, Pierre-André Peyvel, était allé sur place dans la matinée. Il a fait savoir qu'il compatissait à la douleur des familles concernées et condamnait "avec la plus grande vigueur ces faits inqualifiables".

Le ministère français des Affaires étrangères a aussi condamné un "acte indigne", dont les coupables "se sont déshonorés".

"C'est sur notre profonde volonté de réconciliation que repose l'amitié franco-allemande et notre avenir commun dans l'Europe", dit le Quai d'Orsay dans un communiqué.

L'Alsace, territoire disputé à la France par l'Allemagne au XIXe et au début du XXe siècle, était allemande depuis 1871, lors de la Première guerre mondiale, à la suite de laquelle elle est redevenue française.

Gilbert Reilhac, avec Sophie Louet et Emmanuel Jarry à Paris