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Crimée: retour sur la mission avortée de l'envoyé spécial de l'ONU

L'envoyé spécial de l'ONU en Crimée, Robert Serry, le 5 mars 2014.

L'envoyé spécial de l'ONU en Crimée, Robert Serry, le 5 mars 2014. - -

Robert Serry, envoyé spécial de l'ONU en Crimée a été pris à partie et retenu brièvement par des miliciens pro-russes. Il a dû écourter sa mission mais il n'exclut pas de retourner en Ukraine sous peu.

Il est finalement arrivé à Istanbul après avoir été chassé de Crimée. L'envoyé spécial de l'ONU en Crimée, Robert Serry, a dû écourter sa mission. Il a été pris à partie mercredi par des miliciens pro-russes, a-t-on appris jeudi de source turque.

"J'espère que cet incident va rappeler à tout le monde à quel point la situation est devenue dangereuse en Crimée. Il y a un besoin absolument urgent de désescalade" des tensions, a commenté plus tard Robert Serry lui-même, interrogé par téléphone sur la chaîne américaine CNN. "Je suis très inquiet de ce qui pourrait arriver s'il y avait des effusions de sang", a-t-il insisté, assurant ne jamais avoir craint pour sa vie durant cet épisode.

> Retenu par des miliciens

Menaces. Le diplomate a décidé de mettre fin à sa mission après avoir été retenu brièvement mercredi par des hommes armés à Simféropol.

Selon le vice-secrétaire général de l'ONU Jan Eliasson, Robert Serry se trouvait "devant le siège des forces navales" à Simféropol lorsqu'il a été menacé par des hommes armés. Il a été pris à partie par des "hommes non identifiés" qui lui ont intimé l'ordre de se rendre à l'aéroport et de "quitter la Crimée", a précisé mercredi Jan Eliasson, qui s'exprimait par vidéo-conférence depuis Kiev.

Fin de mission. Robert Serry a tenté de reprendre sa voiture mais celle-ci étant bloquée, il a dû repartir à pied vers son hôtel et a téléphoné en chemin depuis un café pour raconter sa mésaventure. Il "a accepté de se rendre directement à l'aéroport et de mettre fin à sa mission en Crimée", a rapporté un journaliste de la chaîne britannique ITV sur son compte Twitter.

> Qui étaient ces miliciens?

Des soldats en uniforme. Selon James Mate, le même journaliste, "la foule chantait 'Russie, Russie'" quant Robert Serry est sorti.

La Crimée, péninsule russophone du sud de l'ex-République soviétique, est contrôlée de facto depuis le 28 février par des soldats armés en uniformes identifiés par la population et les journalistes sur place comme appartenant aux forces russes.

La Russie dément. Moscou dément son implication et parle de groupes "d'autodéfense" organisés par une population majoritairement d'origine russe menacée par les nouvelles autorités pro-européennes de Kiev.

> Départ pour Istanbul

Repli en Turquie. "L'envoyé est arrivé à Istanbul avec sa délégation", a précisé une source gouvernementale turque sous couvert d'anonymat. On ignorait dans l'immédiat si Robert Serry avait prévu de rencontrer des responsables turcs.

Grand frère des tatares. La Turquie, alliée de l'Otan, préconise une solution pacifique à la crise en Ukraine tout en défendant l'intégrité territoriale de ce pays. Elle insiste en outre sur son rôle de "grand frère" de la minorité tatare de Crimée, une ethnie musulmane turcophone.

> Robert Serry retournera à Kiev

La mission maintenue. L'envoyé spécial "retournera sous peu à Kiev pour poursuivre sa mission, qui a été interrompue par l'incident d'aujourd'hui" (mercredi), avait déclaré dans un communiqué un porte-parole de l'ONU, Farhan Haq.

A Kiev, mercredi après-midi, Jan Eliasson avait annoncé une autre mission de l'ONU à partir du week-end prochain en Crimée, menée cette fois par le secrétaire général adjoint de l'ONU aux droits de l'homme, Ivan Simonovic.

L. B. et A. D. avec AFP