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Belgique: le bourgmestre d'Etterbeek fait "arrêter" les SDF pour les protéger du froid

Ces arrestations administratives visent les sans-abri qui ne veulent pas intégrer les hébergements d'urgence.

La mesure est radicale: arrêter les sans-abri qui ne veulent pas se mettre à l'abri pour éviter qu'ils ne succombent aux basses températures. Car, rappelle à la RTBF la commune bruxelloise d'Etterbeek où a été prise l'ordonnance-choc, "le bourgmestre est légalement obligé de garantir la sécurité et d'offrir de l'aide aux personnes dans le besoin". Vincent de Wolf, à l'origine de cette initiative, assume. Sinon, il y "aurait non-assistance à personne en danger" et "trouble à l'ordre public", explique-t-il.

Il justifie la contrainte posée par cette ordonnance de police par le fait que les SDF "risquent de tomber en hypothermie et même de mourir de froid". Ainsi, "chaque sans-abri devra être conduit dans une salle chauffée de la commune".

Examen médical obligatoire pour ressortir

Elle sera en outre, précise l'édile, examinée par un médecin qui déterminera "si l'état de santé de la personne la mettrait en danger si elle retourne à l'extérieur". En cas d'avis négatif, "elle pourra être gardée à l'intérieur jusqu'à l'aube suivante". La mesure précise encore la RTBF court jusqu'au 8 mars et pourrait être reconduite. Elle est en vigueur de 20 heures à 7 heures du matin. 

En France, avec des températures ressenties de -10° Celsius, le plan "grand froid" a été enclenché dans 37 départements. Il implique que plus de 3.000 places d'hébergement supplémentaires soient débloquées. Mais beaucoup de SDF refusent de peur d'être séparés de leur conjoint ou de leur animal domestique, de crainte des vols et de la violence dans les centres, de la promiscuité, de se rendre dans les centres d'hébergement d'urgence.

David Namias