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Incendie à Londres: un bilan toujours provisoire qui pourrait s'alourdir

Les recherches de disparus n'ont pas débuté.

Les recherches de disparus n'ont pas débuté. - Adrian Dennis - AFP

Les recherches se poursuivent à la Grenfell Tower, à Londres, au lendemain du violent incendie qui a ravagé le bâtiment. Un bilan provisoire fait état de 12 morts mais le nombre de disparus se compte en dizaines.

Les opérations de recherche vont durer plusieurs jours. Au lendemain du gigantesque incendie qui a ravagé une tour d'habitation située dans le coeur de Londres, le bilan des victimes qui ont péri reste incertain. Pour l'heure, les autorités avancent le chiffre de 12 morts mais sont conscientes qu'il pourrait s'alourdir alors que 400 à 600 personnes vivaient dans la Grenfell Tower, cet immeuble à loyers modérés à deux pas de Notting Hill.

Dans un communiqué sur Facebook, le maire de Londres, Sadiq Khan dit craindre que le nombre de victimes "n'augmente". "Nous savons également que 78 autres personnes ont été emmenés dans six hôpitaux de la ville", a poursuivi l'édile. 18 se trouvent dans un état critique. Le nombre de disparus se compte lui par dizaines dans cet immeuble de 27 étages qui comptait 120 appartements.

Retours de flammes

Si le feu a été maîtrisé par les pompiers, dans la soirée de mercredi, les opérations de recherche n'avaient pas débuté alors que les secours ont constaté, à certains étages, des retours de flammes. De la fumée se dégage toujours des fenêtres de la tour entièrement carbonisée à différents niveaux. Le chef de la police londonienne, Stuart Cundy, a concédé que ses hommes vont être confrontés à des opérations de recherche très complexes qui nécessiteront plusieurs jours.

Dans la nuit de mardi à mercredi, le feu a pris dans cette tour construite en 1974 et située au sein d'un quartier pavillonnaire à deux pas du marché Portobello de Notting Hill ou de Kensington. Une bonne partie de la journée, le feu a ravagé l'ensemble de la construction pourtant rénové l'an dernier. Près de 10 millions de livre sterling avaient été versés pour cette opération. L'origine du sinistre restait inconnue mais la colère montait parmi les résidents qui pointaient des défaillances à répétition

"90% des résidents ont signé une pétition fin 2015 se plaignant de la mauvaise gestion de l'entreprise responsable de la maintenance de l'immeuble", a souligné David Collins, président de l'association des résidents de la tour jusqu'en octobre dernier.

Revêtement en plastique

Selon plusieurs témoignages, aucune alarme incendie ne s'est déclenchée quand le feu a pris. Des documents en ligne datant d'un an environ montrent qu'un collectif de résidents s'était plaint à plusieurs reprises de l'état de l'immeuble et des risques d'incendie potentiels, évoquant notamment des problèmes d'éclairage et de sortie de secours. L'organisme public KCTMO (Kensington & Chelsea Tennant Management Organisation), gestionnaire de la tour, a reconnu dans un communiqué "être au courant des préoccupations soulevées de longue date par des résidents".

"Il est trop tôt pour spéculer sur les causes de l'incendie", a-t-il ajouté.

Selon plusieurs résidents, les travaux de rénovation ont cependant pu jouer un rôle dans la propagation du feu, extrêmement rapide. Plusieurs rescapés ont témoigné d'une odeur de "plastique brûlé". "Ca ressemblait à du métal. Je pensais qu'ils avaient fait quelque chose de bien. En fait, c'était du plastique", explique Salah Chebiouni, un résident. Le maire de Londres, Sadiq Khan, a appelé à ce que "des réponses" soient apportées tandis que le chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn estimait que les mesures d'austérité du gouvernement conservateur avaient leur part de responsabilité:

"Si vous privez les autorités locales des financements dont elles ont besoin, c'est le prix à payer".

Justine Chevalier avec AFP