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Timides excuses du fabricant du Thalidomide

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C’est l’un des scandales les plus marquants dans l’histoire de l’industrie pharmaceutique. Le Thalidomide, médicament utilisé aujourd’hui pour d’autres pathologies, était prescrit dans les années 50 et 60 aux femmes enceintes pour soulager les nausées. Mais il entraîne des malformations du fœtus. Des milliers d’enfants en ont été victimes. Après 50 ans de silence, le laboratoire vient de présenter de timides excuses.

Une fillette sans bras et aux jambes atrophiées. Cette sculpture de bronze symbolise les victimes de la Thalidomide, entre 10.000 et 20.000 enfants nés avec des malformations car leur mère avait pris ce médicament pendant la grossesse, pour soulager les nausées.

Longtemps, très longtemps après le scandale, le fabricant dévoile ce mémorial et exprime ses regrets. "Nous vous devons des excuses pour ne pas vous avoir contacté directement depuis presque 50 ans. Au lieu de cela nous sommes restés silencieux et nous en sommes désolés. Nous vous demandons de considérer notre long silence comme un signe du choc que votre destin nous a causé " déclare Harald Stock, directeur exécutif du laboratoire Grünenthal.

Habillés et maquillés comme la statuette de bronze

Un discours jugé déplacé par de nombreux survivants. Eux sont venus manifester devant le siège de la firme, habillés et maquillés comme la statuette de bronze.

" Nous sommes les victimes d’un laboratoire pharmaceutique cupide qui a méprisé la vie, qui a placé ses finances au-dessus de tout, sans aucune considération pour le coût humain, et qui savait parfaitement ce qu’il faisait " explique Andreas Meyer.

Au mal incroyable que Grünenthal a causé à Lyn

Même réaction dans les autres pays touchés par le drame, une quarantaine au total. Cette famille australienne a porté son histoire devant les tribunaux. En Australie, Wendy Rowe a déclaré devant la presse : "Nous n’avons pas pu nous contenter du silence. Nous avons dû faire face, chaque jour, au mal incroyable que Grünenthal a causé à Lyn, et à notre famille. "

Se pose désormais la question d’éventuelles indemnisations. Les associations estiment que l’entreprise aurait dû retirer son médicament du marché bien plus tôt qu’elle ne l’a fait.