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Au Parlement allemand, une survivante d'Auschwitz dénonce le "virus" antisémite

Anita Lasker-Wallfisch, le 31 janvier 2018

Anita Lasker-Wallfisch, le 31 janvier 2018 - John MACDOUGALL / AFP

Anita Lasker-Wallfisch, ancienne déportée survivante de l'Holocauste, a lors d'une longue tirade devant la chambre des députés, mis en garde contre le retour de l'antisémitisme en Allemagne ce mercredi.

Une survivante de l'Holocauste, Anita Lasker-Wallfisch, a mis en garde ce mercredi contre le retour de l'antisémitisme en Allemagne dans un discours à la chambre des députés, où siègent depuis fin 2017 des élus d'extrême droite. 

"L'antisémitisme est un virus vieux de 2000 ans, apparemment incurable"

"Quel scandale que des écoles juives, même des jardins d'enfant juifs, doivent être protégés par la police! L'antisémitisme est un virus vieux de 2000 ans, apparemment incurable"", a lancé cette violoncelliste de 92 ans, déportée à Auschwitz en 1943 et invitée devant les élus allemands à l'occasion de la commémoration annuelle des victimes du nazisme au Bundestag.

Accompagnée de sa sœur, Renate, déportée comme elle d'abord à Auschwitz puis à Bergen-Belsen, Anita Lasker-Wallfisch continue: "Nier quelque chose qui fait partie du passé de l'Allemagne est tout simplement inacceptable", a encore indiqué la musicienne qui a fait partie de l'orchestre d'Auschwitz, organisé par les SS dans le camp d'extermination.

"La haine est un poison et au final, vous vous empoisonnez vous même"

Anita Lasker-Wallfisch n'a pas évoqué le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) qui compte 90 élus au Bundestag depuis les élections du 24 septembre dernier.

"La haine est un poison et au final, vous vous empoisonnez vous même", a insisté Anita Lasker-Wallfisch, devant la chancelière Angela Merkel, l'ensemble de son gouvernement et des dirigeants des partis politiques.

"Renate (sa soeur, ndlr) et moi sommes nées dans ce pays, c'est-à-dire (que nous sommes) Allemandes", a-t-elle rappelé. Après l'arrivée des nazis au pouvoir, "on m'a craché dessus dans la rue et on m'a dit 'sale Juive!'".

Le 9 avril 1942, ses parents sont déportés. L'adolescente de 16 ans veut partir avec eux. Mais son père l'avertit: "Là où nous allons, tu iras bien assez tôt", a-t-elle dit. Longuement applaudie par les députés, elle a également évoqué l'accueil par l'Allemagne de plus d'un million de réfugiés, fuyant la guerre ou la misère, depuis 2015. Un "geste humain incroyablement généreux et courageux", selon elle. 

S.Z avec AFP