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Allemagne: le procès des néonazis suspendu jusqu’en juin

Beate Zschäpe est jugée en mai pour les meurtres de neuf personnes turques ou d'origine turque.

Beate Zschäpe est jugée en mai pour les meurtres de neuf personnes turques ou d'origine turque. - -

Le procès de Beate Zschäpe, accusée d'avoir tué neuf Turcs en Allemagne, avait débuté par quatre jours d'une intense bataille procédurale.

Les quatre premiers jours d’audience n’auront servi qu’à étudier une avalanche de requêtes de procédures. Le procès de néonazis pour des meurtres racistes a été suspendu jusqu'au 4 juin, a annoncé jeudi le tribunal de Munich.

Très sensible, l’affaire est l’un des plus grands procès de l’après-guerre en Allemagne. Figure principale du dossier: Beate Zschäpe, 38 ans, est accusée d'avoir participé à dix meurtres entre 2000 et 2007, dont neuf à caractère raciste visant essentiellement des personnes turques ou d'origine turque.

Ses deux acolytes, Uwe Böhnhardt (34 ans) et Uwe Mundlos (38 ans), se sont donné la mort le 4 novembre 2011. Tous trois formaient la cellule néonazie Clandestinité national-socialiste (NSU).

L'accusée principale murée dans son silence

Les quatre premiers jours d'audience ont été pratiquement monopolisés par une avalanche de requêtes des avocats de la défense et des parties civiles, cherchant notamment à repousser ou à retarder les débats, mais elles ont toutes été rejetées par le juge Manfred Götzl.

Comme depuis son arrestation, Beate Zschäpe a gardé un silence absolu face aux juges, se contenant de discuter avec ses avocats et des policiers. La cour compte donc sur les témoignages de ses quatre coaccusés, qui ont aidé d'une façon ou d'une autre la NSU. Deux d'entre eux sont des repentis et coopèrent avec la justice.

"Nous espérons que les accusés joueront très franchement cartes sur table", a déclaré Reinhard Schön, l'un des avocats des parties civiles, qui s'est dit "très impatient d'entendre leurs témoignages".

Une affaire symbolique

Cette affaire a été marquée par une cascade de scandales autour de l'enquête, à telle point qu’une commission d’enquête parlementaire travaille actuellement sur le dossier. Mis en cause: la police et les services de renseignements intérieurs, qui semblent avoir manifesté un aveuglement coupable.

Avant l'ouverture du procès, la chancelière Angela Merkel, qui avait exprimé l'an dernier "la honte" de l'Allemagne devant ces crimes, a assuré dans le grand journal turc Hürriyet que toute la lumière serait faite sur ces meurtres.


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